Il y a plus de vingt ans, j'ai créé une association dédiée à la promotion du développement durable. À cette époque, les débats portaient moins sur le réchauffement climatique que sur la gestion des déchets, le recyclage, les économies de ressources et la protection de notre environnement immédiat.
Cette association existe toujours aujourd'hui, même si elle est désormais en sommeil. Elle a pourtant constitué le point de départ d'une réflexion qui s'est progressivement élargie.
Au fil des années, j'ai découvert qu'il était impossible de traiter les questions environnementales sans aborder également les questions économiques, sociales et démocratiques. Le développement durable ne concerne pas seulement la nature. Comme le rappelait déjà le rapport Brundtland, il implique de concilier les dimensions environnementales, économiques et sociales afin de répondre aux besoins du présent sans compromettre ceux des générations futures.
Cette approche globale m'a conduite à une interrogation plus large :
Comment construire une société à la fois humaine, prospère, solidaire et durable ?
De ces réflexions est née une conviction : nous disposons de nombreux programmes politiques, mais de peu de véritables projets de société. Les programmes répondent souvent aux échéances électorales. Un projet de société, lui, cherche à définir une direction commune sur le long terme.
Je ne suis ni universitaire, ni experte médiatique, ni professionnelle de la politique.
Je suis avant tout une citoyenne qui observe depuis de nombreuses années les difficultés rencontrées par celles et ceux qui vivent, travaillent, élèvent leurs enfants, cherchent un logement, se soignent ou tentent simplement de construire une vie digne.
Comme beaucoup, j'ai constaté le décalage grandissant entre les réalités du terrain et les débats qui occupent l'espace public. D'un côté, des citoyens confrontés à des problèmes très concrets. De l'autre, des décisions souvent élaborées loin de ceux qui en subissent les conséquences.
Cette réflexion repose sur une idée simple :
Personne ne détient seul la solution, mais chacun détient une part de l'expérience nécessaire à sa construction.
C'est dans cet esprit qu'est né il y a cinq ans le Cercle Sully, laboratoire d'idées citoyen ouvert à tous, dont je suis cofondatrice.
Société Solidaire existe quant à lui depuis 2010. Au fil des années, ce site est devenu un espace de réflexion où j'ai rassemblé mes analyses, mes propositions et mes essais autour d'une même question : comment construire une société plus humaine, plus solidaire et plus durable Depuis 2010, Société Solidaire témoigne d'un cheminement intellectuel nourri par les évolutions de notre société, les expériences de terrain, les rencontres et les débats citoyens.
Le Cercle Sully et Société Solidaire poursuivent aujourd'hui des objectifs complémentaires. Le premier privilégie les échanges, les débats et l'intelligence collective. Le second présente mes réflexions personnelles, mes travaux et les différentes pistes de réflexion qui en sont issues.
Vous y trouverez des analyses, des propositions, des fiches de réflexion et plusieurs essais poursuivant un même objectif : imaginer une société capable de concilier l'épanouissement humain, la prospérité économique, la solidarité et le respect de notre environnement.
Je ne prétends pas détenir la vérité.
Je crois simplement que les réponses aux défis de notre époque ne pourront être trouvées ni dans les oppositions systématiques, ni dans les slogans, mais dans l'écoute, le dialogue, l'expérimentation et la recherche du bien commun.
Certains qualifieront cette démarche d'utopique. Peut-être. Mais l'utopie est parfois la sagesse de la folie : l'audace de croire qu'avec de la volonté, de la coopération et de la persévérance, il est possible de déplacer des montagnes.
La société de demain ne se construira ni sans l'État, ni sans les citoyens.
Elle se construira avec eux.
Blanche de Weerdt
Marseille, France
societe.solidaire@gmail.com