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Gouverner pour le peuple, par le peuple... et avec le peuple

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L'actualité récente autour des débats constitutionnels et des déclarations du président du Conseil constitutionnel a remis sur le devant de la scène une question essentielle : qui est véritablement souverain dans notre démocratie ?

Le peuple ? Les institutions ? La Constitution elle-même ? *

Les juristes débattent. Les responsables politiques s'opposent. Pourtant, derrière les arguments de droit se cache une interrogation beaucoup plus simple, mais aussi beaucoup plus fondamentale : quelle place reste-t-il réellement au peuple dans les décisions qui engagent son avenir ?

Depuis deux siècles, les démocraties occidentales se sont construites autour d'un principe devenu presque sacré : le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.

Cette formule est belle. Elle est juste. Mais elle me semble aujourd'hui incomplète.

Car où est le peuple entre deux élections ?

Tous les cinq ans, il choisit ses représentants. Régulièrement, il est appelé à voter pour ses maires, ses députés, ses conseillers régionaux ou départementaux. Mais une fois le scrutin passé, son rôle devient souvent passif. Les institutions fonctionnent, les administrations appliquent les décisions, les experts produisent leurs analyses, les élus arbitrent.

Le peuple observe.

Et lorsqu'il a le sentiment de ne plus être entendu, il lui reste souvent un seul moyen d'expression : descendre dans la rue.

Les manifestations, les mouvements sociaux, les pétitions ou les colères collectives ne sont pas nécessairement le signe d'une démocratie vivante. Ils peuvent aussi être le symptôme d'une démocratie qui ne sait plus suffisamment associer ses citoyens aux décisions qu'elle prend.

Une société libre connaîtra toujours des désaccords. C'est normal et même souhaitable. Le débat, la contestation et la confrontation des idées font partie de la démocratie. La question n'est donc pas de savoir comment supprimer les conflits.

La vraie question est ailleurs.

Comment permettre aux citoyens de participer davantage aux décisions avant que la colère n'explose ?

Comment faire en sorte qu'ils ne soient pas seulement consultés au moment du vote, mais associés de manière continue à la vie collective ?

C'est peut-être ici qu'il faut compléter la célèbre formule démocratique :

Gouverner pour le peuple, par le peuple et avec le peuple.

  • "Pour le peuple" définit la finalité.
  • "Par le peuple" fonde la légitimité.
  • Mais "avec le peuple" garantit la participation.

Ce simple mot change beaucoup de choses.

Il ne remet pas en cause la démocratie représentative. Il ne supprime ni les élus, ni le Parlement, ni les institutions. Il rappelle simplement qu'entre le citoyen et l'État, il existe un espace immense qui a progressivement été abandonné.

Gouverner avec le peuple, c'est reconnaître que l'intelligence collective d'un pays ne se limite pas aux ministères, aux cabinets d'experts ou aux assemblées.

C'est accepter que les habitants d'un territoire possèdent une connaissance précieuse de leur réalité quotidienne.

C'est considérer que les citoyens peuvent contribuer à l'évaluation des politiques publiques.

C'est organiser des mécanismes de consultation permanents plutôt que de réserver l'expression populaire aux périodes électorales.

C'est enfin comprendre qu'un citoyen qui participe devient plus facilement un citoyen qui comprend, et qu'un citoyen qui comprend accepte plus facilement les contraintes collectives, même lorsqu'elles lui déplaisent.

Le défi démocratique du XXIe siècle n'est probablement pas de choisir entre la démocratie représentative et la démocratie directe.

Il est de réinventer leur complémentarité.

Pendant longtemps, nous avons pensé que voter suffisait à participer.

Aujourd'hui, beaucoup de citoyens ont le sentiment inverse : ils votent, mais ne participent plus réellement.

C'est peut-être là l'une des sources profondes de la défiance qui traverse nos sociétés.

Une démocratie solide ne se mesure pas seulement à la qualité de ses institutions. Elle se mesure aussi à la place qu'elle laisse aux citoyens dans son fonctionnement quotidien.

Le jour où chacun aura le sentiment d'être associé aux décisions qui concernent sa vie, les manifestations ne disparaîtront pas. Les désaccords non plus.

Mais la colère laissera davantage de place à la contribution.

Et une société qui contribue ensemble est toujours plus forte qu'une société qui se contente de s'opposer.

La démocratie du XXIe siècle devra sans doute apprendre à faire une chose que les constitutions évoquent rarement mais que les citoyens réclament de plus en plus : gouverner avec le peuple.

 

 

Soure et référence

Le recours du RN contre Richard Ferrand, appelant à le débarquer de la présidence du Conseil constitutionnel, est-il fondé juridiquement ?

lhttps://www.franceinfo.fr/politique/front-national/le-recours-du-rn-contre-richard-ferrand-appelant-a-le-debarquer-de-la-presidence-du-conseil-constitutionnel-est-il-fonde-juridiquement_8240527.html

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