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Le citoyen paisible, grand oublié des affrontements

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À chaque crise sociale, à chaque manifestation qui dégénère, le débat public semble suivre le même scénario. Les caméras se braquent sur le manifestant blessé ou sur le policier mis en cause. Chacun choisit son camp, chacun construit son récit, chacun cherche un responsable

Pendant ce temps, le principal intéressé disparaît du débat : le citoyen ordinaire.

C'est pourtant lui qui paie les conséquences du désordre. C'est le commerçant qui retrouve sa vitrine brisée. C'est la famille dont la voiture part en fumée. C'est l'habitant qui voit sa mairie, son école ou sa médiathèque dégradées. C'est le salarié qui rentre du travail en espérant simplement retrouver son quartier intact.

Ces Français ne demandent ni privilège ni traitement particulier. Ils demandent simplement ce que la République leur doit : la sécurité, la tranquillité et le respect de la loi.

Car il faut rappeler une évidence que certains semblent avoir oubliée : manifester est un droit, détruire ne l'est pas.

La démocratie repose sur la liberté d'expression, la contestation et le débat. Elle ne repose ni sur l'intimidation, ni sur les violences, ni sur l'affrontement permanent avec les institutions. Lorsqu'une manifestation se transforme en émeute, ce ne sont plus les idées qui cherchent à convaincre, mais la force qui cherche à s'imposer.

Et face à cette violence, il existe une institution à laquelle la Nation confie une mission essentielle : les forces de l'ordre.

Policiers et gendarmes ne sont pas là pour défendre un gouvernement, un parti ou une idéologie. Ils sont là pour protéger les personnes, les biens et les libertés de tous. Ils sont ceux que l'on appelle lorsque la violence éclate, lorsque des commerces sont pillés, lorsque des véhicules brûlent ou lorsque des quartiers entiers basculent dans le chaos.

Bien sûr, aucune institution n'est parfaite et les fautes doivent être sanctionnées lorsqu'elles sont établies. Mais la réalité est que des milliers de policiers et de gendarmes partent chaque jour travailler sans savoir s'ils rentreront indemnes auprès de leur famille. Ils se retrouvent souvent en première ligne face à des individus qui ne cherchent ni à discuter ni à manifester, mais à détruire, blesser ou imposer leur loi.

Le paradoxe de notre époque est là : ceux qui assurent la protection de la population sont parfois devenus les premiers accusés du désordre qu'ils tentent précisément de contenir.

Une démocratie ne se fragilise pas lorsque des citoyens expriment leur colère. Elle se fragilise lorsque la violence devient plus visible que le débat, lorsque l'autorité légitime recule devant la loi du plus fort et lorsque les honnêtes gens ont le sentiment que personne ne défend plus leurs intérêts.

Soutenir les forces de l'ordre ne signifie pas renoncer à l'esprit critique. Cela signifie reconnaître qu'il ne peut y avoir ni liberté, ni justice sociale, ni vie démocratique sans sécurité.

La République n'existe pas pour protéger les casseurs de leurs actes. Elle existe d'abord pour protéger les citoyens qui respectent les règles communes. Ceux qui travaillent, qui élèvent leurs enfants, qui paient leurs impôts et qui demandent simplement de pouvoir vivre en paix.

Ce sont eux qui devraient être au cœur de nos préoccupations. Ce sont eux qui constituent la majorité silencieuse du pays. Et ce sont eux que l'État, les élus et les forces de l'ordre ont d'abord le devoir de protéger.

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