Depuis 2021, il repose sur une méthode conventionnelle unique, la méthode 3CL, définie par l'État pour comparer objectivement les logements entre eux.
Pourtant, les critiques se multiplient. Non parce que l'objectif serait mauvais, mais parce que l'outil semble de moins en moins adapté à la diversité des réalités françaises.
Le problème fondamental du DPE est qu'il cherche à mesurer la performance énergétique d'un logement à partir d'un référentiel national standardisé. Or les habitants ne vivent pas dans une moyenne nationale. Ils vivent à Dunkerque, Strasbourg, Clermont-Ferrand, Perpignan ou Marseille.
Et ces territoires n'ont ni le même climat, ni les mêmes contraintes.
À Lille, l'enjeu principal reste le chauffage et l'humidité. À Marseille, le défi croissant est la chaleur estivale et la capacité du logement à rester habitable pendant les canicules. Pourtant, les mêmes lettres de classement s'appliquent partout.
Cette uniformité pose une question simple :
Évalue-t-on vraiment le confort du logement ou seulement sa consommation théorique ?
Une vieille maison provençale aux murs épais peut rester fraîche tout l'été sans climatisation. Une maison moderne très bien classée peut au contraire devenir difficile à vivre lors d'une vague de chaleur parce qu'elle a été principalement pensée pour limiter les pertes hivernales.
Dans la vie quotidienne de l'occupant, la seconde n'est pas forcément plus confortable que la première.
Le DPE confond alors deux notions qui ne sont pas identiques :
- la performance énergétique ;
- le confort réel.
Or ce que recherche un habitant n'est pas une lettre sur un document. Il cherche un logement capable de lui permettre de vivre correctement dans son environnement.
Plutôt que de multiplier les calculs, les coefficients, les exceptions et les révisions successives, une autre approche pourrait être envisagée.
Au lieu d'un DPE national unique, l'État pourrait définir une grille minimale de confort territorialisée.
L'objectif ne serait plus de déterminer si un logement mérite une étiquette A, B, C ou D.
L'objectif serait beaucoup plus concret :
Ce logement est-il adapté aux conditions climatiques réelles du territoire où il se situe ?
Dans un climat méditerranéen, les critères pourraient porter sur :
- la protection contre les surchauffes estivales ;
- les protections solaires ;
- la ventilation ;
- l'isolation de la toiture ;
- la capacité à maintenir une température acceptable pendant les fortes chaleurs.
Dans un climat continental, l'accent pourrait davantage être mis sur :
- les déperditions hivernales ;
- la gestion du gel ;
- l'isolation des façades ;
- la performance du chauffage.
Dans un climat océanique, l'humidité et la ventilation deviendraient des critères majeurs.
La règle nationale resterait nationale.
Les exigences minimales seraient définies par l'État à travers une grille élaborée par la Direction de l'Immobilier de l'État, en lien avec les services techniques compétents.
Mais l'application tiendrait compte des réalités climatiques locales.
Cette approche présenterait plusieurs avantages.
D'abord, elle serait compréhensible par les propriétaires. Aujourd'hui, beaucoup contestent les résultats du DPE parce qu'ils ne comprennent pas les mécanismes qui produisent la note finale. Une grille de confort est beaucoup plus lisible.
Ensuite, elle permettrait de mieux valoriser les savoir-faire locaux. Pendant des siècles, les habitants ont construit différemment selon les régions. Les maisons bretonnes ne ressemblent pas aux mas provençaux pour une raison très simple : elles répondent à des contraintes différentes.
Enfin, elle remettrait l'habitant au centre de l'évaluation.
Le véritable succès d'un logement n'est pas sa capacité à obtenir une bonne lettre sur un document administratif. C'est sa capacité à offrir un cadre de vie confortable, sain et durable à ceux qui y vivent.
L'objectif ne devrait donc pas être de savoir si un logement correspond à une norme nationale abstraite, mais s'il répond correctement aux besoins réels imposés par son territoire.
En matière de logement, l'uniformité n'est pas toujours synonyme d'équité. Traiter de manière identique des situations très différentes produit souvent l'effet inverse de celui recherché. Une politique juste ne consiste pas à appliquer partout la même règle. Elle consiste à poursuivre le même objectif en tenant compte des réalités du terrain.
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