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Cinq milliards pour les lycées... mais à qui revient le travail ?

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Face à la crise lycéenne, le gouvernement annonce plusieurs milliards d'euros pour améliorer les conditions d'étude, rénover les établissements et répondre aux revendications des élèves. L'intention est louable. Mais une question mérite d'être posée : pourquoi l'État devrait-il financer ce qui relève déjà de la responsabilité des régions ? 

Depuis des années, la France accumule les échelons administratifs. L'État, les régions, les départements, les intercommunalités et les communes se partagent les responsabilités au point que plus personne ne sait vraiment qui est responsable de quoi.

Pour les lycées, pourtant, les textes sont clairs. Ce sont les régions qui ont la charge des bâtiments, de leur entretien, de leur modernisation et de leurs équipements. Si certains établissements sont aujourd'hui vétustes, mal adaptés ou insuffisamment entretenus, il n'est pas illégitime de se demander ce qui a été fait des budgets déjà alloués.

À chaque difficulté, le réflexe français consiste à réclamer davantage d'argent à l'État. Comme si celui-ci disposait d'une réserve inépuisable. Comme si les déficits publics et la dette n'existaient pas. Comme si chaque problème devait nécessairement trouver sa solution dans une nouvelle enveloppe budgétaire.

Pourtant, avant de demander davantage, ne faudrait-il pas s'interroger sur l'utilisation de ce qui existe déjà ?

Le problème de la France n'est pas toujours le manque d'argent. C'est souvent la dispersion des responsabilités. Lorsqu'une compétence est transférée à une collectivité territoriale, encore faut-il que cette collectivité l'assume pleinement. Sinon à quoi bon décentraliser ?

On ne peut pas, d'un côté, réclamer davantage d'autonomie régionale et, de l'autre, se tourner systématiquement vers l'État dès qu'une difficulté apparaît.

La vraie question est donc peut-être celle-ci : avons-nous besoin de nouvelles dépenses ou avons-nous besoin d'une clarification des responsabilités ?

Car tant que chacun pourra présenter la facture à son voisin, aucune réforme ne sera réellement efficace. Les régions pourront expliquer que l'État ne donne pas assez. L'État pourra rappeler que les régions sont compétentes. Et les citoyens continueront à payer sans savoir qui est véritablement responsable des résultats.

Le débat sur les lycées révèle une faiblesse bien française : nous avons multiplié les structures sans simplifier les responsabilités.

Or une démocratie fonctionne mieux lorsque chacun sait qui décide, qui agit et qui doit rendre des comptes.

Avant de dépenser plusieurs milliards supplémentaires, il serait peut-être utile de répondre à une question plus simple : ceux qui avaient déjà la responsabilité d'agir ont-ils pleinement exercé cette responsabilité ?

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