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Le billet du jour

Marseille, les distances perdues

Marseille veut retrouver son centre, comme on voudrait retrouver un ami que l’on aurait trop longtemps négligé. Elle voudrait le rendre respirable, agréable, apaisé. Elle voudrait, dit on, « faire comme Aix », cette voisine modèle dont les rues piétonnes vibrent chaque samedi de marchés, de cafés pleins, de promeneurs sereins.

Mais Marseille n’est pas Aix, et le malentendu commence là : dans cette tentative d’imitation sans tenir compte de ce qui fait la singularité profonde de la ville.

Aix est une ville serrée autour de son cœur, protégée par un anneau de parkings qui absorbent l’afflux avant que les visiteurs n’atteignent les ruelles piétonnes. Ils arrivent, se posent, marchent cinq minutes, et tout fonctionne. Une mécanique invisible, mais précise : les entrées de ville comme des portes, les parkings comme des sas, les rues comme des salons ouverts. La piétonnisation n’y est jamais un obstacle : elle est la conséquence naturelle d’une organisation patiente et méthodique.

Marseille, elle, est un continent. Un centre immense, fragmenté, aux distances disproportionnées. Une ville de flux, de pentes, de ruptures. Une ville où l’on ne traverse jamais deux rues sans changer d’ambiance, de topographie, de densité humaine. Ici, un simple rétrécissement de chaussée peut devenir une digue infranchissable : le livreur n’ose plus s’aventurer, l’artisan renonce, le commerçant étouffe. Le camion ne passe pas ; l’économie non plus.

Alors, la ville se vide par endroits. Les grands axes historiques, jadis flamboyants, se mettent à cligner comme une guirlande fatiguée : une boutique ouverte, deux fermées ; un café vivant, puis vingt mètres de silence. Pendant ce temps, des rues plus modestes, plus discrètes, reprennent du souffle : Paradis, l’Opéra, quelques artères latérales où la dynamique se déplace, là où les loyers sont supportables et où l’accès reste praticable.

Le problème n’est pas que Marseille soit devenue piétonne : elle ne l’est presque pas. Le problème n’est pas qu’elle manque d’écologie : elle en a désespérément besoin. Le problème, c’est que la ville a voulu changer l’usage sans changer les conditions de l’usage. On a serré les rues avant d’offrir des alternatives. On a supprimé des places avant de créer des portes d’entrée. On a apaisé les axes avant d’organiser la logistique. On a voulu la marche avant de rendre la marche possible. Marseille a oublié ses distances.

Or, ce qui redonne vie à un centre, ce ne sont pas les pavés, ni les jolies intentions, ni les slogans.

Ce sont des choses presque triviales : pouvoir livrer un magasin sans risquer un procès-verbal ; pouvoir déposer quelqu’un en cinq minutes ; pouvoir se garer pas trop loin et finir à pied ; pouvoir traverser la ville sans se sentir prisonnier d’un labyrinthe.

Ou pire : Parce que la rue a été urbanisée avant d’être administrativement reconnue, ainsi le 2 avenue de Toulon se retrouve… sur le boulevard Baille. De la même façon, la numérotation officielle peut placer un 42 après un 9, entre deux impasses.

Dans certains quartiers, on peut habiter littéralement à cinq minutes d’un centre de Sécurité sociale ou d'une CAF… sans dépendre de celui-ci. Parce que l’adresse, placée sur un mauvais côté de rue, vous renvoie à une agence plus lointaine. Alors l’assuré fait ce que l’administration attend de lui : il traverse la moitié de la ville pour obtenir un document qui aurait pu être imprimé à côté de chez lui.

On lui dira que “tout peut se faire en ligne”. Mais il existe encore des démarches qui nécessitent une visite physique : un justificatif, un dossier, une vérification, une signature. Et l’usager, souvent fragile, parfois âgé, se retrouve à suivre un parcours conçu par une géographie invisible.

Ce n’est pas cruel, juste terriblement ignorant : la topographie ne compte pas ; seule compte la ligne sur la carte.

La revitalisation, dans une ville comme Marseille, ne peut passer que par le retour de la fluidité. Remettre du service public là où il faut. Rouvrir quelques artères comme on rouvrirait des veines. Installer des zones de livraison comme on installerait des points de respiration. Créer des parkings d’entrée de centre comme des seuils clairs où l’on pose sa voiture pour devenir piéton. Il faut repenser le samedi comme un rituel urbain, où marchés, commerces, circulation et transports forment un organisme harmonieux. Il faut cesser de croire que l’écologie consiste à chasser la voiture : l’écologie consiste à maîtriser les usages sans briser les besoins. Et il faut surtout comprendre que Marseille ne sera jamais Aix. Elle n’en a ni la taille, ni la forme, ni la vitesse, ni le passé.

Et tant mieux. Car Marseille n’a pas besoin d’un modèle : elle a besoin d’une méthode qui lui ressemble. Une méthode méditerranéenne, fondée sur les flux, les accès, la vie, l’imprévu, le mouvement, une méthode qui accepte que la ville soit multiple et désordonnée, mais qui refuse qu’elle soit impraticable ; une méthode qui ne cherche pas à discipliner Marseille, mais à l’aider à respirer.

Le jour où Marseille réapprendra à organiser ses distances, elle pourra redevenir ce qu’elle a toujours été : une ville traversée, désirée, vécue — une ville où l’on va, et où l’on revient.

Un essai en version gratuite et téléchargeable

Humanisme et prospérité partagés

Le monde semble vaciller. Crises économiques, climatiques, sociales, sanitaires… Les discours alarmistes se multiplient, nourrissant la peur, la résignation, ou la colère. D’un côté, on
nous exhorte à relancer la croissance du PIB, à produire toujours plus, au nom de la compétitivité et de l’emploi. De l’autre, on prône la décroissance, la sobriété imposée, voire la
culpabilité permanente face à notre impact sur la planète. Entre ces deux visions antagonistes, il semble n’y avoir aucun espoir, aucun horizon. Soit nous fonçons dans le mur, soit no pr qui refuse de choisir entre le confort matériel et la préservation de la planète. Une voie qui mise sur la coopération plutôt que la compétition, sur l’intelligence
collective plutôt que l’individualisme, sur l’enracinement local et la démocratie participative plutôt que la centralisation aveugle.


Oui, la situation est grave. Mais elle n’est pas désespérée. Nous ne sommes pas condamnés à l’effondrement, à condition de changer de cap, de but et de méthode. Il ne s’agit pas de regarder le gouffre qui s’ouvre sous nos pieds, mais la montagne, là-bas, où brille la lumière. Car une autre société est possible : plus juste, plus durable, plus humaine. Et surtout, elle est déjà en germe, partout autour de nous.


Cet essai propose de la faire émerger.

https://www.monbestseller.com/manuscrit/23710-humanisme-et-prosperite-partages


 

 

 

 

 

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Parce que nous ne pouvons rien réussir seuls, ni l'état d'un côté, ni nous de l'autre, cet essai politique est la voix de toute cette France invisible, de ceux et celles que plus personne n'entend. Bien que toute une littérature ait été écrite sur cette France d'en bas, bien que nous soyons décortiqués et examinés à la loupe par les sociologues et les médias, personne ne prend en compte nos besoins vus par ceux d'en bas. Parce que nous sommes sur le terrain, nous sommes les yeux de ceux qui voient la pauvreté s'installer plus vite que la fonte des glaces. La plume de tous ceux et celles qui ne croient plus en des réformes justes pour l'ensemble des citoyens et qui s'aperçoivent qu'entre rêves et réalités, qu'entre ce que nous souhaitons et le pouvoir, la différence est énorme. Cet essai est celui des anonymes, des sans dent, de ceux et celles qui font partie des « fainéants », de ceux et celles que l'on interpelle par Machin ou Toi là …

Ce n'est pas seulement notre société qui doit s'adapter au changement climatique, nous devons penser en priorité à ce que tout le monde puisse se nourrir, se loger, se chauffer, travailler.

Parce que nous sommes dans l'urgence, nous devons tous relever le gant. La solidarité doit l'emporter. Ni l'état sans nous, ni nous sans l'état.

Après avoir expliqué à nos élites qui sont les acteurs de terrain qui ont ce savoir-faire mais qui n'arrivent pas à boucler les fins de mois, nous proposons comme la Constitution le stipule, un gouvernement par le peuple et pour le peuple, mais aussi AVEC le peuple car il est temps de faire-savoir que nous avons aussi le savoir-faire pratique.

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