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Le billet du jour

La Réunion Qui Ne Servait À Rien

La salle polyvalente était pleine : des chaises en plastique alignées au millimètre, des affiches “Concertation citoyenne : votre avis compte !” placardées partout, et, au fond, une table où trônaient trois élus, quatre techniciens, et un rétroprojecteur essoufflé.

On sentait déjà que l’ambiance serait constructive.

Le représentant de la mairie ouvrit la séance avec un sourire inquiet, le genre de sourire qui dit : “Nous sommes ravis de vous écouter, mais surtout ne demandez rien.”

— Bonsoir à tous, merci d’être venus donner votre avis sur la requalification de l’avenue centrale… Votre parole est essentielle dans ce processus de participation démocratique !

Il n’avait pas fini sa phrase que la première main se leva.

Un habitant, la cinquantaine, l’air courtois mais lucide — un visage de quelqu’un qui sait déjà qu’on va l’entendre sans l’écouter — prit la parole :

— Excusez-moi, mais… avec votre nouveau plan, comment fait l’entreprise de la rue de la Forge ? Elle a des camions de 12 tonnes qui entrent chaque matin dans son hangar. Là, selon votre schéma, la rue fait trois mètres vingt de large et devient en sens interdit. Le camion va… voler ? se téléporter ? monter aux fenêtres ?

Les habitants hochèrent la tête.
Même les chaises semblaient dire : “Oui, c’est vrai, ça n’a aucun sens.”

Le technicien consulta ses notes, ce qui était amusant parce que tout le monde savait qu’il n’y avait rien dans ses notes pour ce genre de question.

— Alors… oui… c’est une bonne remarque… très bonne remarque… très pertinente… Mais… les plans sont faits.

Le silence tomba, dense comme du béton frais.

— Comment ça, “faits” ? demanda une dame du premier rang.

— Faits-faits. Finalisés. Verrouillés. Validés par la Métropole.

À ce moment précis, on aurait pu entendre un neurone tomber.
Puis un autre habitant, pince-sans-rire, leva la main :

— Donc vous nous demandez notre avis sur un projet… qu’on ne peut plus changer ?

— Exactement ! répondit l’élu, ravi d’avoir clarifié la situation.

La salle entra dans un moment de contemplation silencieuse. On venait de toucher un niveau rare d’honnêteté administrative.

— Et… pourquoi organiser une réunion, alors ? demanda quelqu’un au fond, mi-curieux, mi-désespéré.

Le fonctionnaire inspira comme un homme qui s’apprête à réciter une procédure ISO 9001.

— Parce que la concertation est obligatoire dans le cadre du code de la démocratie locale. Nous sommes tenus d’organiser une réunion publique pour recueillir vos impressions.

— Mais vous ne pouvez rien changer.

— Non.

— Donc ça ne sert à rien.

— Ça sert à prouver que nous avons fait la réunion.

— Pour qui ?

— Pour la Métropole.

— Qui est au-dessus de vous.

— Exactement.

— Qui a déjà voté le projet.

— Oui.

— Et qui ne reviendra pas dessus.

— Jamais.

Un monsieur soupira si fort qu’on aurait dit une chaudière qui rend l’âme.

La réunion devint alors une pièce de théâtre improvisée.
Les habitants posaient des questions logiques ; l’administration répondait par des phrases qui avaient la forme de réponses mais pas le contenu.

— Les camions ?
— Impossible de modifier.

— Les livraisons ?
— Le plan est validé.

— Les sens uniques absurdes ?
— Déjà votés.

— La largeur des trottoirs ?
— C’est comme ça.

— Le stationnement ?
— Supprimé, mais avec conviction.

À la fin, chacun comprit enfin l’objectif réel de cette réunion : fabriquer de la bonne humeur au départ, et de la mauvaise humour en repartant.

L’élu conclut avec un ton solennel :

— Nous vous remercions pour votre participation active, qui nous permet d’améliorer la démocratie locale.

Un habitant murmura :

— Améliorer ? Vous l’avez surtout mise en PLS.

Et la réunion se termina ainsi : sur un mélange d’impuissance civique, de résignation collective, et d’un très léger espoir que, peut-être, dans une autre réalité parallèle, la concertation arrive avant les travaux.

Un essai en version gratuite et téléchargeable

Humanisme et prospérité partagés

Le monde semble vaciller. Crises économiques, climatiques, sociales, sanitaires… Les discours alarmistes se multiplient, nourrissant la peur, la résignation, ou la colère. D’un côté, on
nous exhorte à relancer la croissance du PIB, à produire toujours plus, au nom de la compétitivité et de l’emploi. De l’autre, on prône la décroissance, la sobriété imposée, voire la
culpabilité permanente face à notre impact sur la planète. Entre ces deux visions antagonistes, il semble n’y avoir aucun espoir, aucun horizon. Soit nous fonçons dans le mur, soit no pr qui refuse de choisir entre le confort matériel et la préservation de la planète. Une voie qui mise sur la coopération plutôt que la compétition, sur l’intelligence
collective plutôt que l’individualisme, sur l’enracinement local et la démocratie participative plutôt que la centralisation aveugle.


Oui, la situation est grave. Mais elle n’est pas désespérée. Nous ne sommes pas condamnés à l’effondrement, à condition de changer de cap, de but et de méthode. Il ne s’agit pas de regarder le gouffre qui s’ouvre sous nos pieds, mais la montagne, là-bas, où brille la lumière. Car une autre société est possible : plus juste, plus durable, plus humaine. Et surtout, elle est déjà en germe, partout autour de nous.


Cet essai propose de la faire émerger.

https://www.monbestseller.com/manuscrit/23710-humanisme-et-prosperite-partages


 

 

 

 

 

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Parce que nous ne pouvons rien réussir seuls, ni l'état d'un côté, ni nous de l'autre, cet essai politique est la voix de toute cette France invisible, de ceux et celles que plus personne n'entend. Bien que toute une littérature ait été écrite sur cette France d'en bas, bien que nous soyons décortiqués et examinés à la loupe par les sociologues et les médias, personne ne prend en compte nos besoins vus par ceux d'en bas. Parce que nous sommes sur le terrain, nous sommes les yeux de ceux qui voient la pauvreté s'installer plus vite que la fonte des glaces. La plume de tous ceux et celles qui ne croient plus en des réformes justes pour l'ensemble des citoyens et qui s'aperçoivent qu'entre rêves et réalités, qu'entre ce que nous souhaitons et le pouvoir, la différence est énorme. Cet essai est celui des anonymes, des sans dent, de ceux et celles qui font partie des « fainéants », de ceux et celles que l'on interpelle par Machin ou Toi là …

Ce n'est pas seulement notre société qui doit s'adapter au changement climatique, nous devons penser en priorité à ce que tout le monde puisse se nourrir, se loger, se chauffer, travailler.

Parce que nous sommes dans l'urgence, nous devons tous relever le gant. La solidarité doit l'emporter. Ni l'état sans nous, ni nous sans l'état.

Après avoir expliqué à nos élites qui sont les acteurs de terrain qui ont ce savoir-faire mais qui n'arrivent pas à boucler les fins de mois, nous proposons comme la Constitution le stipule, un gouvernement par le peuple et pour le peuple, mais aussi AVEC le peuple car il est temps de faire-savoir que nous avons aussi le savoir-faire pratique.

https://cercle-sully.org/wp-content/uploads/apres-la-pandemie-vive-le-rechauffement-climatique.pdf

 

https://www.monbestseller.com/manuscrit/13265-apres-la-pandemie-vive-le-rechauffement-climatique