L'économie selon Mme Michu (2)

La démographie galopante ainsi que le développement commercial de certains états contraints ceux-ci à une course aux sources d'énergie. Une nouvelle concurrence est arrivée. Celle des pays émergeants du Tiers Monde, qui accédant aux richesses sont dans la demande d'énergie pour continuer à se développer. La Chine, par exemple, pour développer un parc automobile identique au nôtre par rapport à leur nombre d'habitants, aurait besoin approximativement de la production journalière de tout le Moyen-Orient. L'arrivée sur le marché de ces pays a créé une concurrence inégale. On assiste à un bras de fer géopolitique autour de l'énergie et des matières premières. C'est une utopie de croire qu'ils vont se comporter comme nous. Le grand rêve des Occidentaux, d'une mondialisation régulée à travers l'OCDE, le FMI, l'UNESCO, l'OTAN etc... était programmé. Or, il n'en est et n'en sera rien. On joue tous des coudes pour arriver le premier afin de ne pas mourir.

Aujourd'hui, nous sommes sur la planète plus de 6 milliards d'êtres humains. Dans peu de temps, nous serons le double. La démographie est le principal critère qu'il faut prévoir, si nous souhaitons faire du développement durable ou plus sérieusement du développement soutenable et de ce fait sauvegarder notre planète. Il faudra répartir pour tous, nourriture, matières premières et énergie. C'est autant notre environnement qui est en danger, que la raréfaction au niveau mondial de notre agro-alimentaire et de nos énergies qu'il faut prévoir. Nous risquons d'atteindre tous, riches et pauvres, le seuil de pauvreté, si nous ne changeons pas les raisonnements, tant de la croissance économique, que de notre économie elle même. Dans notre conception de confort, notre seuil tolérable de niveau de vie collectif et individuel qui est aussi bien économique que moral ne pourra résister qu'en raison d'une autre conception de la course à la concurrence, par conséquence de la politique des dirigeants de notre planète.

Tout comme il y a eu la naissance du chemin de fer et la mise en service de l'électricité avant la guerre de 14-18, qui ont été créateurs d'économie et de taux de croissance, par l'apport de consommation « technique » due au progrès, le gouvernement table aujourd'hui sur l'environnement et le tourisme. Ce serait, dit-il, un nouveau développement de croissance, de créations d'emplois pour faire redécoller l'économie. Pour le tourisme, cela risque de devenir un non sens si notre mode de vie continue à s'uniformiser mondialement, au point de nous rendre comparable à notre clone humain des antipodes. Pourquoi se déplacer si c'est pour trouver ailleurs le même mode de vie, la même culture, la même cuisine que chez soi pour le même coût ? Même raisonnement pour nos voisins s'ils n'ont pas l'argent nécessaire pour le dépenser chez nous. Quant aux emplois dans l'environnement, ce ne seront que déplacements de postes et métiers obsolètes, remplacés par d'autres emplois.

Le défaut des gouvernements de ce monde est de toujours légiférer dans l'urgence, non de devancer ce qui peut arriver par une réflexion portant sur le long terme. Si des lois n'encadrent pas le phénomène financier au niveau mondial, la crise des subprimes, le scandale de la Société Générale, risque de devenir monnaie courante. D'autres bulles financières qui ne sont que des revenus virtuels peuvent s'effondrer, entraînant dans leur sillage un cortège de détresse, étant des phénomènes de réaction en chaîne. Comment paiera-t-on un jour tous ces avoirs par rapport à la masse monétaire existante dans le monde ? La Chine qui produit beaucoup à un taux de croissance important, réinvesti dans la finance, et de ce fait, rachète une énorme masse d'actions. Si la Chine souhaite remettre sur le marché boursier en une seule fois la totalité de ses avoirs, l'Europe et l'Amérique seront en faillite. Il y a plusieurs années, les Banques Centrales, l'Euro ont été créés pour essayer de pallier ces inconvénients, mais comme la vision globale et futuriste des politiques économiques et géopolitiques, ainsi que des besoins « de l'appât du gain » aussi bien collectifs qu'individuels des investisseurs n'existent toujours pas, politiciens et banquiers ne parlent pas le même langage. D'autre part, on ne peut interdire les paradis fiscaux, ni le libre échange des monnaies. Ce serait une ingérence dans le droit le plus strict d'un état de faire évoluer sa fiscalité comme il l'entend, par conséquent une atteinte aux droits de l'Homme, donc anti-démocratique. Tant qu'il n'y aura pas une seule et unique place boursière dans le monde, le monde financier ne pourra pas être contrôlé. Alors pourquoi  en attendant, ne pas repenser un système bancaire parallèle au système actuel qui protègerait les industries, les salariés et la société tout en permettant la spéculation aux risques et périls de ses adeptes.

Encore un autre constat, qui démontre que le mieux est parfois l'ennemi du bien. La politique européenne ! Elle est un bien parce qu'elle nous donne une place dans le monde que nous n'aurions plus, face à la démographie des pays asiatiques, latino américain, ou arabe. Unis, nous sommes un bloc puissant. Nos ressources mises ensembles, nous permettent de concurrencer la construction aéronautique, et bien d'autres industries. Mais, car il y a un mais, le fait de vouloir tout niveler pour un meilleur monde dessert tous les pays européens. Les uns pour le tourisme, les autres pour l'agriculture, d'autres encore pour le commerce. Nous avons chacun nos spécificités. Bruxelles prêche pour la concurrence, mais où se situe celle-ci, si nous nous retrouvons tous au même niveau. D'autres part, le fait de vouloir que nous ayons tous en commun des critères sociaux, commerciaux, taxables, etc..., fera que nos avancées sociales ne seront plus réalisées qu'à coups de grèves, de contestations. Or, l'évolution ne consiste t'elle pas de permettre à chacun de copier ce qu'il y a de mieux pour lui chez l'autre. L'exemple nous montre que lorsque nous avons acquis une avancée sociale, c'est toujours dans le même sens que nous souhaitons la développer, alors que d'autres solutions seraient parfois plus efficaces. Le système de nos retraites par répartition est-il le meilleur ? Si l'Union Européenne adopte celui-ci comment pourrait-il savoir par l'exemple, si il n'y en a pas un meilleur ailleurs ? Les directives européennes influencent trop et influenceront de plus en plus notre pouvoir d'achat, notre manière de vivre, ce qui lient les mains des gouvernements devant demander des autorisations à Bruxelles pour régler des problèmes nationaux. (Par exemple, celui des marins pêcheurs pour la France).

Si nous suivons à la lettre ces directives, nous devons à tout prix augmenter notre taux de croissance, pensant qu'il augmentera notre pouvoir d'achat. Or, ce taux de croissance est un leurre, car en fait si le taux de croissance augmente de 2% et que mon salaire augmente de 2% par rapport à ce taux, je dépenserai plus, mais en réalité, je consommerai exactement la même chose, les prix ayant augmentés en moyenne de 2%.

Partant de ces constats, s'il est difficile d'influer sur notre « pouvoir d'acheter » avec les concepts de l'économie européenne et mondiale actuelle, on peut toutefois revenir sur certains critères de base de notre conception structurelle non seulement de notre économie nationale, mais surtout sur les structures sociétales. Une économie dont les impôts et la solidarité reposeraient, non sur le travail et la production, mais uniquement sur la consommation, serait plus équitable pour tous les citoyens. Car, nous sommes tous consommateurs, depuis le bébé qui vient de naître, à la personne qui est décédée. Même mort, nous consommons encore le jour de notre enterrement. L'Homme peut se passer de travailler s'il en a les moyens, ou s'il est pris en charge par l'état ou son entourage, mais il ne peut cesser de manger, de boire, de se chauffer. Il en va de son existence.

Rien n'est plus difficile que de faire coïncider les besoins matériels et psychiques de l'Homme, parce que tous les Hommes, sans exception, hiérarchisent leurs besoins et font passer leurs besoins personnels avant les besoins collectifs. Qu'il y a contradiction entre le pouvoir de l'argent et la répartition de cet argent. Comment permettre à l'épicier d'acquérir des biens personnels, en l'occurrence le tableau, d'enrichir son patrimoine, tout en laissant l'argent circuler ?

On est parti d'un vieux principe que ce qui rapporte le plus qui doit servir en premier. Ce principe n'est pas faux en soi, lorsqu'il est sur une petite échelle, par exemple l'échelle familiale, sauf que sur une échelle mondiale, certaines dérives ont fait que l'on prend en considération l'intérêt de la rentabilité de l'argent et non l'intérêt de l'individu. A partir de là, on crée conflits sociaux, violence, pauvreté. Les recommandations de la « commission Attali » remis au Président de la République le 23 janvier 2008 répondaient à l'unique question de : Comment faire redémarrer la croissance économique ! Or le grand tort de nos économistes et de nos politiques a été de ne pas voir le danger qu'il y avait de séparer l'économie et les besoins de l'Homme.

Parce que les états ont toujours besoin de plus d'argent pour montrer leurs puissances, le politique a laissé le revenu de l'argent prendre le pas sur le devenir de l'Homme, sans voir qu'allait se creuser une fracture, non seulement des revenus, mais qu'il allait aussi créer des envies et des rancoeurs entre les « classes laborieuses » qui ne vivent que de leur travail et les financiers qui bénéficient de plus d'argent en faisant travailler leurs revenus plutôt qu'en travaillant de leurs mains.

C'est pour cela que la société se doit de donner aux Hommes les moyens, non seulement de nourrir leur famille, mais aussi ceux de trouver dans cette société une qualité de vie avec la sécurité et le bien être, ainsi que le sentiment de sa reconnaissance de citoyen et non la perception d'être à la fois un pion et un enjeu sur le grand échiquier mondial du pouvoir et de l'argent.