Pour un système de retraite à la carte

C'est le dernier volet du parcours dans notre « société solidaire » qui ne pourra être élaborer et mise en pratique que si le droit au travail, les droits des syndicats et la liberté du choix sont appliqués. C'est ici que la solidarité prend toute sa valeur.

Si l'allongement de la vie est une bonne chose pour tous ceux qui arrivent à leur retraite en bonne santé il pose aussi certains problèmes, notamment celui de la lourdeur des cotisations qui est basée non seulement sur les salaires, mais aussi sur le taux de croissance envisagé. Si nous continuons avec le système de cotisations et de répartitions des retraites tel qu'il existe, malgré les réformes qui sont mises en place, soit nous devrons avoir une courbe exponentielle de natalité, chaque ménage devant avoir par génération un à deux enfant en plus pour subvenir aux besoins des parents, grands parents jusqu'aux arrières-arrières grands parents (eh oui, quatre générations à entretenir lorsqu'on a des centenaires), soit il faudra faire appel à une immigration massive.

Mais regardons d'abord comment nous pourrions vivre cette retraite parce que nous ne sommes plus dans les années 50 où la moyenne d'âge était de 63 ans.

Si le premier principe de solidarité est de prendre soin de ceux qui ont contribué au bon fonctionnement de cette société, est-ce une raison pour obliger un salarié à prendre sa retraite à un âge donné. Sous le prétexte fallacieux qu'il n'y a pas de travail pour tout le monde, qu'il faut laisser la place aux jeunes, on le coupe du monde du travail, de la société, on l'enferme sur lui, avec la pensée qu'« il lui reste un certain nombre d'années à vivre », alors qu'un artiste, un indépendant, un patron, n'a d'autre limite que celle de sa volonté. Si tous les hommes et les femmes ont le droit de vivre décemment leurs « vieux jours », pourquoi ne pas leur laisser la liberté de continuer à travailler, à partager le sentiment d'être utile, à ne pas devenir un « laisser pour compte ». C'est le meilleur remède à la maladie, au stress. Donner le droit de vivre une retraite active à son rythme avec des vacations, des temps partiels ou des temps pleins si on préfère.

A ne pas confondre avec l'âge du « retrait de pénibilité », qui n'est pas la même chose que la retraite, et qui doit aller de paire avec un seuil de tolérance physique (ou de pénibilité) du travail que l'on a effectué. Après un certain nombre d'année de service ou suivant ses capacités physiques, ne plus astreindre le salarié à un travail pénible, à des heures décalées, à des heures de nuit, mais pourquoi ne pas l'affecter après une formation à un travail administratif, ou lui permettre de devenir tuteur de jeunes travailleurs, à les former, à leur passer l'acquis de l’expérience d'une vie et d'un métier. Laisser transmettre le savoir-faire par les salariés aux nouveaux salariés est un bienfait pour l'entreprise, l'état et la société.

Ce n'est pas dans l'obligation de prendre sa retraite tous au même âge, que se situe l'égalité de répartition que doit assumer l'Etat, mais dans les revenus qu'elle procure. On parle de retraite par répartition, alors expliquez-moi comment certaines personnes ont des retraites pharaoniques payées par « répartition ! », alors que des personnes âgées ayant travaillés toute leur vie ont des retraites qui ne leur permettent pas de payer leur loyer et de vivre décemment. Où est la répartition des cotisations ? Parce que les cotisations des salariés payent les retraites actuelles ? Finalement, nous n'avons jamais cotisé que pour nous-même, par rapport au salaire puisque nos retraites sont calculées sur ce que l'on a cotisé. Cela me fait penser au système Madoff, qui payait les intérêts avec l'argent des nouveaux actionnaires, et c’est pour cela que le système ne peut suivre, parce qu’il faut sortir plus d’argent qu’il n’en rentre.

Ce qu’il est possible de faire

Il faut envisager la possibilité d’avoir deux retraites,

Une retraite de base ou de droit

Une pension qui soit un droit acquis grâce à la reconnaissance sociale pour tout français : c’est une somme fixe d’une valeur équivalente à « un seuil de tolérance » égale pour tous, car si nos besoins ne sont plus les mêmes qu’à l’époque de notre activité, ils sont aussi importants. Ceci devenant à partir de 65 ans une retraite de base, que l’on ait ou non travaillé. Cette retraite ne serait plus financée par les salaires, mais par une taxe de solidarité sur la consommation.

Une retraite complémentaire

Il faut toutefois que chacun puisse garder la liberté de choisir l'âge de son départ réel à la retraite. C’est dans cet esprit qu’il faut impliquer les syndicats et leurs adhérents.

Pour compléter cette retraite qui est basée sur la solidarité et qui sera réellement une « retraite par répartition », chacun aura la liberté de compléter cette pension avec une retraite complémentaire par capitalisation. Ce qui était l'idée originelle de la retraite complémentaire. Les retraites complémentaires étant gérés par les syndicats, qui auront ainsi la possibilité suivant leurs conventions collectives de proposer à leurs adhérents l'âge de leur retraite complémentaire Ainsi, les régimes spéciaux par l'intermédiaire des retraites complémentaires pourront subsister.

et/ou

  • Se constituer une épargne viagère pour ceux qui le souhaitent avec les produits comme les assurances vie, les retraites par capitalisation du privé etc ....

Ainsi pour résumer l'on pourrait :

  • toucher la retraite d'état à partir de 65 ans
  • toucher une retraite complémentaire avant 65 ans
  • cumuler la retraite complémentaire et un travail à temps partiel ou à temps plein avant 65 ans
  • cumuler un travail et la retraite de l'état à partir de 65 ans
  • toucher la retraite d'état et une retraite complémentaire à partir de 65 ans
  • toucher la retraite d’état, sa retraite complémentaire et continuer à travailler

Tout est envisageable pour le retraité lorsqu'il a le choix, et que les structures mises en place le permettent.

Comment financer les retraites ?

Les cotisations de nos retraites