Le besoin de pouvoir

L’Homme et le besoin du pouvoir

 

Ah ! Le pouvoir ! L’exercice du pouvoir a toujours fasciné les hommes. En fait c’est lui qui mène le monde. Depuis sa naissance, l’Homme essaie d’exercer son pouvoir. Les pleurs du bébé ont un pouvoir sur son entourage et il apprend vite à s’en servir. Plus grand, c’est dans les cours de récréation, qu’il essayera d’exercer son pouvoir. L’aîné exercera son pouvoir sur le petit frère ou la petite sœur. On est toujours le « chef » de quelqu’un. Que ce soit dans le cadre de la famille ou du travail. Dans le cadre d’un état ou dans le cadre d’une association marginalisée hors de la société de droit, (maffia, sectes, certaines bandes de jeunes.…).

 

Le pouvoir, selon la manière dont il est employé peut être nécessaire, propice, bienfaisant, ou malsain, pervers, cruel.

 

Tous les supports sont bons pour exercer le pouvoir.

 

  • Suggestif, à travers la publicité, les médias, le marketing, la société de consommation.
  • Obligatoire à travers la loi, la réglementation, les normes.
  • Soit encore, insidieux, parce qu’il vous rend dépendant par l’alcool, la drogue, le tabac, le sexe, le jeu, les anti-dépresseurs, le travail, la nourriture…..

 

L’Homme demande à l’Etat, par l’intermédiaire de la loi, des repères pour définir les limites du pouvoir des gouvernants et des autres citoyens, car tous les moyens sont bons pour exercer ce pouvoir. Il pense trop souvent, que ce pouvoir sera limité pour les autres, mais pas pour lui. Le pouvoir règne, soit par le contrôle des organismes de l’état, la hiérarchisation, le niveau des revenus, l’éducation, soit par la séduction, le charisme d’un individu, soit par l’agression. Il règne aussi par l’intermédiaire de l’argent, de la corruption. Tout s’achète, et il faut avouer que nous sommes tous achetables moralement ou matériellement, à quelque niveau que ce soit, depuis la mère qui cède par lassitude devant les demandes répétées de ses enfants, au gouvernement d’un état qui « négociera » de très grosses ventes, des achats de matières premières, de matériels, ou des aides.

 

Certains gouvernants exercent leur pouvoir en se maintenant, si ils sont contestés, avec des régimes de plus en plus policiers, puis militaires, jusqu’à susciter une guerre civile qui peut d’ailleurs lui être favorable.

 

Dans certains pays islamistes ou musulmans, règne une autre forme de pouvoir. Le pouvoir est inquisitorial, comme celui qui régna dans nos régions jusqu’en 1560. Le pouvoir des Hommes agissant au nom de l’autorité d’Allah, et se réfugiant derrière Lui, pour justifier leur domination.

 

Le pouvoir de tout individu devrait rimer avec responsabilité. Or le pouvoir va fréquemment avec le sentiment d’ego supérieur, de potentat dictatorial. « Je règne, donc on me doit obéissance, aux autres de se débrouiller et de me servir ; je n’ai aucun devoir, que des droits ». C’est pourquoi trop souvent pouvoir et violence vont de paire.

 

  • Violences conjugales
  • Harcèlement moral
  • Harcèlement sexuel
  • Agressions verbales, physiques …..

 

Ces différentes agressions en sont les manifestations. L’Homme agit agressivement pour provoquer l’obéissance par la peur chez sa victime afin d’assurer son pouvoir. Les tortionnaires le savent bien. Si l’Homme n’a plus d’autre but que celui d’attendre avec la peur au ventre, le retour de son bourreau, il est à la merci de celui-ci.

 

Quant aux jeunes délinquants, c’est leur façon à eux de faire savoir qu’ils sont là. La répression n’est pas forcément la bonne solution. Elle est la dernière solution. Elle ne fait qu’ajouter la rancœur à la violence. Lorsqu’ils regardent autour d’eux, ces gosses ne voient que des « cages à lapins », sales, mal entretenues, des parents qui vivent des aides de l’Etat et qui en vivent mal, une éducation que les parents ne peuvent assumer, une instruction pour laquelle ils ne sont pas motivés, une télévision et des journaux qui leur montrent les extravagances des « peoples ». Alors, ils rajoutent les voitures incendiées, la drogue, le vol, les viols, le racket parce qu’ils ne connaissent que la violence pour asseoir leur pouvoir. Cette prise de pouvoir, notamment dans les grandes cités, s’est développée en même temps que la suppression du service militaire obligatoire, qui était un brassage social et contribuait à l’insertion ainsi qu’au passage de l’adolescence à l’état d’adulte.

 

Mais c’est un faux problème de citer nominativement les grands ensembles immobiliers, sur lesquels on focalise, avec comme prétexte la pauvreté, l’immigration. La violence est partout, parce qu’elle fait partie de la prise de pouvoir. Le pouvoir ne veut pas qu’on lui tende la main, puisqu’il est le pouvoir. Il n’y a plus que les garçons qui soient violents, les filles aussi le deviennent. Certains jeunes ne souhaitent pas prendre la main qu’on leur tend, parce qu’il sont sortis du circuit économique « normal » et rentrés dans un circuit économique « parallèle »qu’ils jugent beaucoup plus rentable pour eux.

 

Le pouvoir peut aussi se transformer en contre-pouvoir qui est lui-même un pouvoir. Grève, contestation, en sont les signes. Mais il en existe un autre aussi efficace : le « tire-au-flanc ». Si le pouvoir s’exerce par la hiérarchisation, trop de niveaux de hiérarchisation diluent le pouvoir, par le pouvoir du « tire-au-flanc ». Plus il a y de niveaux, puis nombreux sont les « tire-au-flanc » et moins le pouvoir s’exerce. Dans ce cas, la hiérarchie pense rétablir le pouvoir par un management agressif qui engendre stress et peur.

 

 

L’Homme et l’appât du gain.

 

L’appât du gain est une autre dérive des besoins de l’Homme. L’appât du gain n’a rien à voir avec l’épargne de monsieur ou madame « Tout-le-Monde » au sens d’une épargne raisonnable et raisonnée qui permet d’acheter une maison ou de prévoir une rente pour sa retraite.

 

L’appât du gain conjugué au progrès et à la démocratie, a permis la dérive du capitalisme libéral et a ainsi faussé une économie mondiale équitable et durable en autorisant des financiers professionnels et amateurs, à spéculer en bourse. De même en thésaurisant plutôt qu’en investissant directement dans l’outil de production, ils empêchent l’argent de circuler. C’est ce côté sombre de l’Homme, qui guidé par son intérêt personnel, vend ses stock-options juste avant d’annoncer qu’elles ne valent plus rien. C’est cet appât du gain qui autorise des montages financiers au détriment des citoyens. C’est lui qui va créer des bulles financières, c’est lui qui a, en autre, créé l’effondrement de la Bourse. C’est l’appât du gain qui permet à une partie du globe d’avoir des greniers qui regorgent et à l’autre de mourir de faim. C’est actuellement leur droit le plus strict, parce que nous sommes dans une société libre, avec ses avantages et ses inconvénients.

 

L’appât du gain peut aller jusqu’à transformer un individu en « délinquant en col blanc » avec la corruption et les « pots de vin ». La société sait qu’elle doit lutter contre les dérives, par souci de justice, mais aussi en raison du principe : « Et si tout le monde faisait la même chose que ce passerait-il ? ». Un état corrompu, où seuls les riches auraient des droits et des avantages qu’ils auraient monnayés ?

 

 

L’importance de notre « prise de conscience » politique

 

Pour qu’un état perdure il lui faut une économie, et pour qu’il y ait une économie il faut qu’il y ait des consommateurs. Nous l’avons dit, nous sommes tous consommateurs. On pense que c’est celui qui est en haut de la pyramide qui a le plus grand pouvoir. On oublie trop facilement que celui qui est en bout de chaîne a en réalité, autant de pouvoir. S’il n’y a plus de moustiques et de mouches, l’hirondelle ne peut se nourrir, etc. C’est la prise de conscience du consommateur qui, en agissant seulement sur ses achats peut changer radicalement des états de faits. Si nous faisons attention à notre consommation, si nous refusons d’acheter certains produits, nous agissons sur l’environnement. Si nous refusons d’acheter la drogue, la contrefaçon, c’est aussi une façon d’influencer sur la baisse de la violence, de la délinquance. Ne pas oublier que la demande entraîne l’offre.

 

Il est plus que difficile pour l’Homme de ne pas croire ce qu’on lui dit, lorsque cela est annoncé avec pédagogie. Comment ne pas croire si la communication à l’air « vraie » !   Combien d’hommes et de femmes ont élu démocratiquement un dictateur, croyant bien faire, croyant en une vie meilleure. Les premiers mois leur donnent souvent raison. Qui vous dit que je n’essaie pas de vous manipuler, moi aussi ? C’est toute la différence entre la prise de conscience qui est une réflexion personnelle et raisonnée en tenant compte du pour et du contre et de la manipulation qui est seulement l’acquiescement de la pensée à un dictat sans réflexion personnelle, sans prise de conscience. Cette prise de conscience devrait être une obligation morale pour tout individu qui tient à la démocratie et qui s’en sent responsable.

 

 

La société idéale ?

 

Il n’y aura jamais de société idéale. Le communisme était une utopie. Les dictatures, les mafias, les sectes, en sont d’autres, dues à la manipulation et à la prise de pouvoir d’une minorité infime qui se crée leur propre société au détriment de la majorité de la population. Le problème est qu’on ne pourra jamais satisfaire tout le monde. Parce que chacun de nous est particulier. Parce que si nos besoins de but, de sécurité, de justice sont légitimes, il en existent d’autres qui conduisent à des dérives : ce sont les besoins de pouvoir et de l’appât du gain. Malheureusement les Hommes ne sont assez pas sages pour se raisonner et comprendre par eux-mêmes qu’ils ne peuvent pas tout avoir. Le beurre, l’argent du beurre et par surcroît la fermière, jeune et jolie, même s’ils en rêvent. De ce fait, ils créent par leur comportement égoïste du chacun pour soi, cette fracture sociale qui s’élargie de plus en plus et dont même les meilleures lois ne pourront venir à bout. Idem pour une « dictature éclairée » parce qu’elle aliénerai la liberté de chacun.