La Validation des Acquis des Compétences

Suite à une étude de l’OCDE, sur la scolarisation et la formation en général, dans les pays à travers le monde, il en ressort que le système scolaire n’est plus adapté dans aucun pays, au travail, à l’entreprise et à l’économie en général.

 

Il ne faut pas se cacher derrière des mots et de belles phrases philosophiques ou politiques en langue de bois, l’instruction est donnée pour que nous puissions acquérir les bases nécessaires permettant à la société toute entière d’en profiter par l’apport que chacun de nous peut faire à cette société en faisant accroître la productivité, et par là même le taux de croissance. Nos choix personnels étant souvent non seulement guidés, mais imposés par des orientations scolaires obéissants à des critères bien définis. Il s’agit donc d’essayer de résoudre l’adéquation choix de vie formation ET emploi, depuis la maternelle jusqu’après la retraite.

 

Il est important que l’adulte, et avant lui l’adolescent à la sortie du primaire, puisse faire un choix personnel concernant ce qu’il souhaite apprendre en dehors de toute vision stratégique. Faire ce que l’on aime, c’est ainsi que l’on a le plus de chance de réussite. Si l’Homme a besoin des bases qui lui permettent de savoir lire, écrire, compter, ce n’est toutefois pas de diplômes trop généralistes ou trop ciblés qui ne mènent nulle part, qui lui sont nécessaires. Le diplôme n’étant que la reconnaissance d’un enseignement théorique, qu’il a dans les trois quarts du temps très vite oublié. A combien de bacheliers la résolution d’équation à trois inconnues sert-elle au cours de sa vie ? A quoi sert de connaître Kant et Montaigne, si on se retrouve au chômage parce qu’on n’a pas le bon diplôme en plus de l’expérience pour exercer? A vouloir que tout le monde soit en possession de ce sésame qu’est le Bac, celui-ci n’est plus, à l’heure actuelle, que la clé permettant la continuation des études. Il perd de sa propre valeur à cause de sa généralisation acquise par un trop grand nombre.

 

Comme dans tout, trop tue. Trop de diplômes spécialisés pour des métiers dans le commerce, la restauration, l’hôtellerie, et les services aux personnes ferment la porte à l’emploi. Il est inutile de demander à une femme de ménage (pardon – technicienne de surface) d’avoir un diplôme. Un simple entretien d’une demi-journée serait plus que largement suffisant afin de lui apprendre les gestes qui lui éviteront un mal de dos, ainsi que certaines règles de sécurité. Il faut laisser la porte ouverte au « droit au travail ». Nous avons besoin de grands patrons, de « cerveaux » dans la recherche et les techniques de pointe, mais nous avons encore plus besoin de chefs d’entreprises de PME, PMI et d’entreprises individuelles, ainsi que de « bras » et là, ce sont surtout les compétences pratiques du terrain qui sont nécessaire, plus que les diplômes.

 

On ne dira jamais assez que l’emploi et la formation vont de pair. Que l’un ne va pas sans l’autre. Qu’il faut harmoniser au niveau européen nos qualifications et nos diplômes. Nous en devenons d’ailleurs tous conscients. Mais on nous fait croire, et nous le croyons, que c’est grâce aux diplômes que nous aurons notre place dans la société. Partant de ce critère, Pôle Emploi, - ex-ANPE - en premier et la plupart des entreprises recrutent sur diplômes, non sur compétences, alors que nous avons tous une expérience, si ce ne sont DES compétences. Seules, certaines PME et PMI, ainsi que des entreprises individuelles osent aller à contre courant et recherchent les compétences et non les diplômes. On peut par exemple, échouer à un simple brevet, ne jamais passer son bac, mais savoir mieux qu’un bachelier parler une langue étrangère, qui peut ouvrir les portes à des emplois intéressants, pouvant par la suite évoluer avec des formations ou des expériences complémentaires.

 

 

Un plan de cohérence pour tous

 

Pourtant, si on regarde ce qui a été mis en place depuis de nombreuses années on s’aperçoit qu’il existe une solution qui prend en compte les compétences, mais qui n’est appliqué qu’à une petite minorité avec :

 

  • Le portefeuille de compétences  (qui correspond à un porte folio ou un press-book)
  • Le DIF (Droit Individuel à la Formation) qui donne la possibilité de se former tout au long de son parcour professionnel.
  • La VAE (Validation des Acquis de l’Expérience)

 

On pourrait ainsi le résumer : Tout au long de notre existence nous acquérons des compétences grâce à la formation, l’emploi, le bénévolat, les hobbies. Ces compétences répertoriées peuvent être validées sous forme de certification professionnelle par la VAC (Validation des Acquis des Compétences) devant un jury.

 

Il est dommageable pour le citoyen et son droit au travail qu’il n’y ait pas une vue d’ensemble et une cohérence applicable à tout le monde.

 

Ce qu’on peut mettre en place pour quelques uns avec l’accompagnement DIF, portefeuille de compétences, VAE, pourrait être mis en place pour tous depuis la fin du primaire, en découpant le nombre impréssionnant des CQP, CAP, BAC, BTS, DEUG, en modules, sanctionnés par des Unités de Valeur.

 

Il est tout à fait possible d’adapter à tous les élèves les programmes d’enseignement découpés en Unités d'Enseignement sanctionnées par des Unités de Valeur.

 

  • Certaines Unités de Valeurs étant communes à plusieurs diplômes ou Titres ou CQP, on peut ainsi être réorienter plus facilement.
  • L’obtention d’un diplôme ou Titre ou CQP étant l’aboutissement avec le nombre d’Unités de Valeur nécessaire à ce diplôme.

 

Ce qui permettrait tout au long de notre vie que ce soit par l’enseignement ou la pratique, d’acquérir des Unités de Valeur. La totalité ou une partie de ces U.V. donnerait la compétence nécessaire pour exercer une profession en adéquation avec ces Unités de Valeur, ce qui ouvre plus de portes à l’accession à l’emploi.

 

Toute notre vie nous avons besoins de réactualiser nos savoirs, ou d’en apprendre d’autres. Les technologies et les sciences progressent tellement rapidement que nous sommes souvent laissés sur le bord du chemin. Mais il ne suffit pas de réactualiser les parcours professionnels, la culture générale est aussi indispensable. Si l'illetrisme progresse tellement dans les pays industrialisés, c’est justement parce qu’on privilégie auprès de certaines classes sociales les formations professionnelles, au détriment des savoirs de bases, qui, s’ils ne sont pas opérationnels tous les jours, sont vite oubliés. Même une langue maternelle non pratiquée pendant un certain nombre d’années s’efface de notre mémoire. Il suffit réactualiser ce savoir pour qu’il nous revienne, enfuie qu’il est au fond de notre mémoire.

 

Ainsi, en compilant les Unités de Valeurs par les formations, les expériences, les diplômes, le « portefeuille de compétences» devient le fil rouge du système triangulaire de notre « reconnaissance sociale ».

 

Le droit au travail de chacun peut ainsi subir une évolution fondamentale dans le choix de recrutement des entreprises, en laissant plus de place aux compétences et en donnant ainsi à tout le monde des chances identiques pour un même emploi.