Les villages verticaux, démographie et urbanisme

 * Habiter le Ciel, la tour d'habitation avec jardins, nouveau concept de Roland Castro pour le Grand Paris

 

Selon Roger Jumel, chef du bureau du foncier et de la biodiversité au ministère de l'Agriculture « Tous les dix ans, la France perd l'équivalent d'un département en terres cultivables, soit 60.000 hectares par an, sous la pression de l'urbanisation. Et le rythme s'accélère. Les données pour 2009 font état de 93.000 hectares disparus. Si cette nouvelle tendance se confirme, on sera sur la base d'un département tous les sept ans ».

Démographie et urbanisme vont de paires. Le développement des villes, les zones pavillonnaires les routes, les nouvelles zones d’activités dévorent petits à petits les terres arables, les forets, les prés. De plus toutes les terres ne sont pas cultivables, toutes les zones rocheuses, toutes les zones trop à flanc de colline ou de montagne, celles en zones inondables ou trop près de la mer, etc…

Si nous avons actuellement assez de terres en France pour nourrir la population, le bon sens pour un développement durable demande de prévoir et de restreindre à l’extrême cette frénésie de constructions à l’horizontale.

Or, les nouvelles règles relatives aux caractéristiques thermiques des bâtiments nouveaux et des parties nouvelles de bâtiments, si elles vont dans un sens d’économie de chauffage et de climatisation, auront un effet significatif sur les coûts de la construction, et une maison individuelle construite par un architecte risque de coûter moins cher à la construction qu’une habitation collective en zone urbaine. D’où l’envie nécessitée par le coût de vouloir acheter et faire construire à l’horizontal.

Certes, le français aime la maison individuelle, et il n’est pas question de vouloir l’en priver, aussi les architectes prévoyants ont assez d’imagination pour vouloir construire des « villages verticaux ».

La France a atteint début 2011 les 65 millions d’habitants dont plusieurs millions rêvent d’avoir « leur maison ». Il est donc logique que chaque ménage puisse choisir son mode d’habitation en fonction non seulement de ses besoins, mais aussi de ses désirs, faut-il encore que l’offre soit diversifiée. Il devient donc urgent de repenser nos modes de construction, non seulement en matière d’économie d’énergie, mais aussi en matière d’urbanisme, avant de ne plus pouvoir construire faute de terrains. Il ne s’agit pas de démolir le patrimoine existant, bien que si l’on regarde les zones pavillonnaires construites en pleine campagne, sans commerce, sans école, on puisse se poser des questions. Il s’agit de restreindre la surface au sol afin que dans un esprit de développement durable tout le monde puisse être logé décemment et de garder les terres arables nécessaires à la culture, à la sylviculture, et aux espaces de détentes et de promenades.

Les nouvelles normes

Arrêté du 24 mai 2006 relatif aux caractéristiques thermiques des bâtiments nouveaux et des parties nouvelles de bâtiments

NOR: SOCU0610625A

JORF n°121 du 25 mai 2006 page 7747 texte n° 14

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000427149&fastPos=1&fastReqId=455037200&categorieLien=id&oldAction=rechTexte

http://www.tiffon-ingenierie.fr/rt2005.html