Culture d'État ou liberté culturelle ?

Certains ministères ont plus d'importance que l'on ne le croit et qu'ils n'en ont, comme par exemple la culture. Ministère dont on parle peu dans les programmes de nos gouvernements et dans les priorités de nos concitoyens. Et pourtant la culture est l'image que l'on va donner de la France et qui fera vivre notre tourisme, donc une partie de notre économie et de nos emplois. Image qui se dégrade fortement hors de nos frontières. L'éducation, la formation, l'art, le commerce en sont les bases. Nos industries de luxe, notre patrimoine immobilier, nos musées, nos théâtres, les processions, la gastronomie nos comédiens, chanteurs, écrivains journalistes, etc …. sont les ambassadeurs de cette culture et de son rayonnement. N'oublions pas les spécificités culturelles des DOM TOM, perles de notre patrimoine.

Notre culture est notre identité. Elle est ce que nous sommes, ce qu'on été nos parents, ce que seront nos enfants. Ce qui l'a fait évoluer sont les apports des cultures des autres pays, les nouvelles inventions telles le numérique, la télévision, l'évolution artistique. Rien ne peut prévoir ce que sera notre culture dans 20 ans. Les guerres d'Italie de François 1er ont fait connaître à nos ancêtres la culture italienne qu'ils ont importé en France (Les châteaux de la Loire, de grands artistes comme Léonard de Vinci....) La Renaissance était née. Les américains sont arrivés en 1945 avec le Coca-Cola, le chewing-gum, le be-bop, puis il y a eu la génération rock. L'Argentine nous a apporté le tango, l'Autriche la valse. La Scandinavie a fait évoluer notre mobilier et de grands architectes « étrangers » ont participé à notre environnement urbain.

Le rayonnement de la France a commencé avec le siècle des Lumières, avec nos grands « classiques », la construction de Versailles.... Le français était la langue de l'aristocratie européenne de l'Irlande à la pointe septentrionale de la Russie.

Dans les années 50 on se cultivait en lisant. Soixante ans plus tard, les médias ont remplacés la lecture. Télé-réalités, jeux télévisés, publicités ont remplacés les premières émissions télévisées où la culture dite « classique » avait encore sa place.

La question principale qui se pose est : Est-ce qu'une culture doit être libre ou bien doit-on l'encadrer ? La mode en fait partie. La polémique sur le burkini en est l'exemple type. Le burkini est une mode qui ne cache ni le visage, ni ne dénude complètement la personne. Donc théoriquement c'est admis. Pourtant des associations, des politiques se sont élevés contre. Certaines municipalités l'ont même interdit. Ce qui fait de cet accessoire vestimentaire (maillot de bains) une mode culturelle encadrée par l'état.

Ce n'est pas à l’État de décider, mais aux citoyens de reconnaître leur culture qui est leur identité. C'est donc un sujet de société qu'il faut débattre. Non en référendum qui n'a pour réponse qu'un oui ou un non, mais en consultation avec un oui ou non sur les questions suivantes,avec par exemple  :

  • Les graffitis sur les murs font-ils partie de notre culture ?

  • Êtes-vous d'accord avec les trompe-l’œil sur ces mêmes murs ?

  • Les grands classiques littéraires doivent-ils continuer d'être étudiés à l'école ?

  • Doit-on introduire dans les cours de primaire la culture numérique avant d'avoir de bonnes bases de lecture, d'orthographe et de grammaire ?

  • Le périscolaire doit-il se référer aux multiculturels ?

  • Le périscolaire doit-il se référer seulement à la culture « classique » et aux sports

  • Les festivals multiculturels peuvent-ils avoir lieux sur le sol français ?

  • Doit-on réintroduire à la télévision une plus grande part de théâtre classique et contemporain ?

  • Doit-on réintroduire à la télévision, dans les radios un quotas de chansons françaises ?

  • Les crèches ont-elles droit d'asile pendant les fêtes de Noël dans les espaces publics ?

  • Etc …....

Ceci n'est qu'un exemple, mais il va nous permettre d'avoir un début de débat citoyen. Nous attendons vos réponses.

 

 
Commentaires (2)

1. BHW (site web) 10/04/2017

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2. Roxane RRVON 07/09/2016

Je commencerai par reprendre les mots de Paul Veyne lors de sa Leçon inaugurale au collège de France : « Je ne défendrai pas la culture. Une culture est bien morte quand on la défend au lieu de l’inventer ». Je préfère donc poser les bases d’un projet politique qui permettra de libérer les inventions de chacun et donner à la culture la force de lien, d’éducation et de rayonnement qu’elle peut avoir.

Renouveler le modèle de politiques culturelles françaises

La grandeur de la politique culturelle de la France qui a été construite de manière positive de Malraux à Jack Lang été basée sur trois piliers principaux :
1- L’éducation culturelle, résumée dans le célèbre adage malrucien : «L’école apprend à connaître Racine, la culture apprend à l’aimer.»
2- La démocratisation de la culture, l’ouverture des musée à tous, la possibilité d’aller voir théâtre, danse ou opéra à des prix abordables etc…
3- La professionnalisation des intervenants de la culture et la mise en place du statut d’intermittent.

Malraux concevait la politique culturelle comme une mise en relation des œuvres, des artistes et des nouveaux publics qui n’y avaient jusqu’alors pas accès. Naquit ensuite l’idée «d’animation culturelle» (depuis très contestée puis combattue) qui trouva un prolongement sous le ministère de Jacques Duhamel par un développement culturel misant davantage encore sur la décentralisation. Ce n’est pas l’opposition de la «culture pour chacun» à la «culture pour tous» qui a été l’enjeu des politiques culturelles depuis un peu plus de trente ans. C’est leur existence même. 

Pourtant, l’on assiste, depuis la fin des années 80’ aux limites de cette politique culturelle nationale pour plusieurs raisons. La première, les impératifs de communication et les exigences du court terme l’emportent, bien souvent, sur les politiques d’émergence de nouvelles formes artistiques1. Ensuite, la routinisation et la technicisation des dispositifs ont fait leur œuvre : il est impossible, aujourd’hui, de produire des effets politiques significatifs lorsqu’on parle de culture. On comprend ainsi que les politiques désertent au niveau national un terrain où ils ne feront pas la différence. Enfin, la culture est devenue un enjeu régional. Au niveau territorial, la culture peut faire l’objet d’un affichage spécifique, engendrer des conflits ou contribuer à l’identité politique d’un élu. On assiste à l’émergence de logiques clientélistes et l’imposition de formes d’allégeance politique qui contraignent la marge d’action des professionnels de la culture.

Ainsi, en trente ans2, les industries culturelles et de communication sont montées en puissance: Amazon n’en est qu’un des nombreux exemples. la mutation actuelle de la politique culturelle reflète une génération de responsables politiques pour lesquels création et diffusion culturelles ont partie liée avec l’entertainment davantage qu’avec la démocratisation culturelle ou avec l’idée d’émancipation3.

Or, nous soutenons que l’économie dans laquelle nous vivons, pourrait, bien au contraire, être très favorable à l’émergence de nouvelles formes artistiques et culturelle et que les politiques culturelles françaises doivent être à l’avant-garde de ces possibilités !

Nous nous appuyons sur l’émergence de trois phénomènes qui ont émergé il y quelques années et vont probablement s’accroitre dans les années à venir.
1-L’émergence d’une génération de freelancers qui veulent vivre et travailler dans des espaces de co-working et d’échange, et qui choisissent plus volontiers la répartition de leur temps propre.
2-La quête de l’homme moderne de ne pas être interchangeable et de porter une valeur plus grande aux moments de qualités.
3-L’économie de partage.

Ces trois éléments doivent nous permettre de repenser le rôle du politique dans le cadre du développement culturel des individus, des régions, d’une nation, ou d’un continent.
S’il est acquis que la culture contribue à la croissance économique d’un pays4, force est de constater que nous manquons foncièrement d’imagination quant à la manière de dynamiser notre potentiel culturel. Certes, la conservation de notre patrimoine nécessite des investissements, mais la subvention ne doit plus ^tre l’alpha et l’omega des politiques culturelle. L’Etat devrait ouvrir davantage la société civile à la création culturelle par une politique dynamique et non simplement cloisonner et sectionner des secteurs d’activités culturelles dont l’investissement se réduit.

Aujourd’hui, de nombreuses personnes ont plusieurs métiers, plusieurs vocations, et nombreux sont ceux qui s’adonnent à la création artistiques. Or, les statuts sont extrêmement figés : professionnels, semi-professionnels, amateurs. Notre monde admet au contraire, de plus en plus, l’autonomie et la diversification des parcours. La plupart des professionnels de la culture touchent des cachets en étant techniciens et pas seulement artistes. Nous proposons ainsi l’émergence d’une sphère culturelle publique5 qui met en question les formes standardisées de la consommation culturelle. L’Etat deviendrait ainsi animateur de plusieurs dynamiques de création culturelle. Chaque artiste pourra avoir, à l’instar de chaque citoyen, avoir un e-profil de son rapport à l’Etat dans lequel il peut avoir accès aux subventions qui peuvent lui être proposées mais également au grand réseau de la société civile.
Ce réseau devrait se constituer sous forme de plateforme numérique permettant à chaque artiste de trouver des bénévoles (designers, aides au montage, régisseurs), des lieux de création partagés et gratuits (maison de particuliers, églises, jardins, granges, lieux municipaux, petits théâtre etc…), des mécènes (tontines, crowdfunding, sponsoring etc…). Chaque citoyen engagé dans le développement culturel bénévolement ou à titre de mécène doit pouvoir, extrêmement facilement et simplement, l’intégrer à son imposition afin de recevoir une réduction d’impôts. L’Etat, de son côté, garantira la qualité de l’artiste (qu’il soit un individu ou un collectif) en lui octroyant le statut particulier (lié au statut associatif loi 1901). Ainsi, un large réseau de créateurs artistiques se mettra en place et contribuera à l’émergence de nouvelles formes artistiques qui ne seront plus uniquement dépendantes de subvention et pourront avoir une temporalité différente de celle de l’Etat. Les citoyens sont ainsi invités à se constituer comme acteurs et publics6 de la culture française. C’est ainsi que doit être réinvesti l’impératif de démocratisation culturel français. A terme, le régime de l’intermittence pourra être intégré au système de droits sociaux universel (chaque citoyen devenant beaucoup plus autonome dans son rapport à l’Etat) et la qualité d’un professionnel des arts sera garantie par le fait d’être reconnu et soutenu par l’Etat et la société civile en tant qu’artiste.

Ouverture sur le monde

Le développement d’une offre culturelle riche et avant-gardiste dépend de l’ouverture sur le monde d’un pays, de ses artistes et de ses citoyens. Depuis le début des années 2010, on a assisté à une pression accrue sur les artistes. On se souvient des affaires Golgota Picnic de Rodrigo Garcia ou Sur le concept du visage du fils de Dieu de Romeo Castellucci, de celle plus récente d’Exhibit B, qui avait suscité une mobilisation parfois physiquement violente contre l’œuvre de Brett Bailey et les équipes l’accueillant alors (Théâtre Gérard Philip et 104). «Distraire et ne pas déranger» voilà ce qui de plus en plus demandé aux artistes. Or, la culture est porteuse de développement civilisationnel. Que ce soit la fermeture d’esprit des politiques ou des acteurs de la culture eux-mêmes, la fermeture de la culture au seul territoire français et à l’auto-centrisme parisien ne permettent pas la formation d’un force culturelle rayonnante (en France, en Europe ou dans le monde). L’invention est une valeur centrale à condition qu’elle se destine à l’universalité. Ainsi, l’on peut penser que, au XXIe siècle, en Europe, les formes d’arts vivants en viennent à développer des techniques de surtitrage, de tournées (avec l’aide de particuliers), d’échanges en ligne, de résidences croisées hors des circuits institutionnels étriqués. C’est ce qu’une e-plateforme de mise en lien de différents acteurs doit pouvoir intégrer. L’Etat doit faciliter l’ouverture au monde et le lien entre les acteurs, et non être juge de ce que la culture doit ou ne doit pas développer. De plus, nous devons permettre aux compagnies et à certaines d’industries artistiques montantes (jeux vidéos par exemple) de bénéficier de liens privilégiés avec certaines villes ou pays (Canada par exemple) à travers notre réseau d’Alliances Françaises et les Organisations de la Francophonie.

Enfin, l’administration une fois simplifiée par la mise en place de plateforme et profils performants, les fonctionnaires du ministère de la culture devront pouvoir être en contact plus direct avec les acteurs artistiques et promouvoir les initiatives françaises (où qu’elles s’initient) et européennes.

L’éducation par la culture

«L’école apprend à connaître Racine, la culture apprend à l’aimer.» disait Malraux. L’Etat, par l’intermédiaire de l’éducation offre en effet les premiers contacts7 des individus et futurs citoyens avec leur culture mais aussi les cultures du monde entier. Cependant, il ne suffit pas d’initier un élève à la culture par quelques cours de musique ou de peinture. Ce que nous souhaitons, là encore, c’est engager une dynamique qui valorise l’engagement culturel et artistique dès le plus jeune âge (en prenant en compte les évolutions artistiques et techniques). Ainsi, si certaines communes proposent des activités artistiques extra-scolaires, il est important que les acteurs et bénévoles eux-mêmes, aient les moyens de proposer ces activités. Chaque artiste reconnu par l’Etat doit avoir la capacité, s’il le souhaite, d’entreprendre la création de cours de théâtre, de danse, de musique hors des seuls circuits municipaux ou institutionnels (si ceux-ci ne sont pas coopératifs). Un cours de théâtre pourra ainsi être créé par un artiste entrepreneur qui réunira des bénévoles, trouvera un lieu grâce au concours de la société civile, et proposera un prix de cours. Si l’initiative emploie des bénévoles ou mécènes (de lieux ou de fonds) voulant bénéficier d’une réduction d’impôts, l’initiative et le prix des cours devront être approuvé par l’Etat (dans les 10 jours après la demande).

Par ailleurs, une politique culturelle doit pouvoir orienter certaines pratiques éducatives. Celle du doublage systématique en français des produits télévisuels par exemple (même si l’industrie est florissante), est peu porteuse de richesse éducative. En effet, plus les élèves entendront de langues diverses dès leur plus jeune âge et plus leur capacité linguistiques pourront s’accroitre.

Medias et culture de l’information
« Les faits sont sacrés, mais les commentaires sont libres » disait Beaumarchais. Le propos parraît, parfois, inversé : les commentaires du journaliste sont sacrés, pendant que les faits importent peu ou sont libres d’être relatés. Parfois, faute de temps et de moyens d’investigation, la presse française reprend des paragraphes entiers du New York Times ou d’autres journaux étrangers. Ainsi, le développement d’une véritable culture de l’information constitue un défi pour la France. L’information est franco-centrée. Les journalistes spécialistes des grands dossiers deviennent de plus en plus rares, faute de moyens. Nous plaidons donc pour la création d’une école de journalisme européenne qui puisse former nos meilleurs journalistes et développer l’avènement de nouveaux media journalistiques sérieux et ouverts sur le monde.

Les défis culturels qui nous attendent sont extrêmement exaltants ! Non, une véritable politique culturelle n’est pas impossible à créer aujourd’hui, elle ne se base pas sur les mêmes outils, voilà tout. Au ronronnement aveugle d’une machine administrative technocratique qui s’érige en juge de l’activité artistique française (et européenne) nous préférons une politique de dynamiques culturelles qui offre et propose plusieurs solutions et condition de création car « l’art est le plus court chemin de l’homme à l’homme8.»

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