Débat sur la laïcité

La France, au fond d’elle-même n’a jamais oubliée les guerres de religion. C’est ce qui, inconsciemment lui fait redouter de mettre en débat public certains sujets comme la place des religions, et surtout des nouvelles, comme l’Islam ou des églises Evangélistes, dans la laïcité. Celles-ci arrivant avec les « modérés » mais aussi leurs « intégristes ». La religion catholique a aussi eue les siens qui au Moyen-âge et même plus tard torturaient, brûlaient leurs concitoyens qui ne respectaient pas au pied de la lettre la doctrine de l’Eglise et leur interprétation des Ecritures. Avec Monseigneur Lefebvre en 1970, une minorité des catholiques s’oppose au concile de Vatican II, et devient les « intégristes » moderne du catholicisme.

La laïcité s’était accommodée au fil des années du son des cloches, des processions le jour de certaines fêtes arrivant à mélanger foi et tourisme, et voilà qu’est remis en cause ce petit ronron qui lui allait si bien. Il ne dérangeait ni les athées, ni les libres-penseurs, ni les croyants quelle que soit leur religion. La laïcité, dans sa générosité était devenue la mère de la tolérance.

Seulement, voilà ! Des musulmans prient dans la rue parce qu’ils n’ont pas de lieux de culte, les églises évangélistes font du prosélytisme en sonnant aux portes, on retrouve dans les boites aux lettres la publicité de la scientologie. Alors, oui, il va falloir que la laïcité mette un peu d’ordre dans tout cela, parce qu’elle souhaite rester mère de la tolérance.

Tout pays, qu’il soit sous n’importe quelle latitude dira que c’est SA constitution qui régit SON peuple. Et il aura raison. La France a une Constitution, des lois, et cela lui suffit. Le reste est simplement une question de bon sens.

Tous les croyants ont besoin de prier, de se retrouver dans des lieux de cultes. Presque toutes nos églises avec clochers ou pans à cloches sont devenues des monuments historiques et les nouvelles se sont adaptées aux nouvelles normes d’urbanisme. Les musulmans, les évangélistes, les catholiques doivent pouvoir édifier des lieux de culte qui s’adaptent à ces normes. Le minaret n’est pas obligatoire pour l’appel à la prière, les nouvelles technologies pouvant y pallier. Internet et les portables pouvant être reliés. Qui n’a pas son portable ? Levez le doigt !

Dans le même état d’esprit, les femmes ont lutté depuis plus d’un siècle pour acquérir l’égalité. Le foulard remet en cause cette égalité, et est pour elles, un pas en arrière si ce n’est le premier pas suivi d’autres. Mais il y a trente-six mille manières de nouer un foulard sur la tête, cela peut aussi être une mode. Grâce Kelly en était un exemple dans les années 60. Il faut donc un compromis. Les religieux catholiques ont abandonné les signes vestimentaires extérieurs de leur religion. Seul demeure des signes discrets au coin d’une veste ou d’une robe.

C’est donc avec les représentants des religions qu’il faut discuter de la place des signes extérieurs avec comme premier postulat que tout signe ostensible de religion quel qu’il soit est interdit dans les lieux publics, à part certaines fêtes bien précises.

Tout cela serait beaucoup plus simple, si pour commencer le code du travail était révisé. On devrait pouvoir choisir ses jours de repos sans considération de religion. Ce qui permettrait aux Israélites de ne pas travailler le vendredi et le samedi, aux musulmans le jeudi et le vendredi et aux catholiques le samedi et le dimanche. Et à ceux qui sont libres-penseurs les jours qu’ils souhaitent. Difficile, direz-vous ! A savoir ….. On peut se pencher sur le problème……….

Quant au débat sur la laïcité, des lois existent, encore faut-il vouloir les appliquer. Si l'on souhaite parler des rapports des religions et de leur place à travers la laïcité, c'est de TOUTES les religions qu'il faut parler et pas d'une en particulier. Mais cela c'est peut être un peu trop pour certains de nos politiciens

Lottfi, Kafia, Omar, Aziz, et moi même, nous avons des noms de famille à consonances étrangères, mais nous disons "chez nous la France". Les politiques n'ont pas encore compris que la discrimination positive c'était nous marquer que l’on soit d’origine magrébine, européenne, africaine ou chinoise. Il ne faut pas confondre français de différentes religions, ce qui est une liberté de pensée et de penser et étrangers d'autres nationalités. Le débat sur la laïcité est donc un débat qui ne répond pas à la réalité. Il suffit d’un peu de bon sens, de tolérance et de consensus de part et d’autre.

Commentaires (3)

1. BRANCARD 05/07/2012

Les religions (+ de 4000 dans le monde) sont des organisations avec un pouvoir central, des adeptes, un patrimoine, ect... La foi, c'est avoir confiance en ... Dieu par exemple, des millions de gens croient en Dieu sans chercher a s'imposer de force aux autres par: Des écoles confessionnelles, des cloches ou minarets qui dérangent la quiétude des riverains ect...Il y a encore des employeurs qui embauchent selon votre confession par exemple. Les religions n'ont jamais rien apportés a l'homme si ce n'est que divisions, tensions, conflits, guerres et autres

2. BRANCARD 04/06/2012

Le catholicisme qui trompe ses adeptes (on ne compte plus les religieux qui quittent l'organisation, après avoir lu les évangiles), qui dans le passé a massacré Huguenots, Cathares, Albigeois, Protestants ect allez voir le musée de la torture a Carcassonne 11, impose aux riverains des batiments qu'il occuppe un bruit assourdissant de cloches. Bruit de ferraille horrible qui fait sursauté l'enfant dans sa couche, réveille le brave ouvrier qui a besoin de repos, oblige les riverains a fermer leurs fenêtres dès qu'il y a un rayon de solein ect... A Laroque d'Olmes en Ariège un représentant de l'organisation catholique fait sonner plus de 2400 fois par jour les cloches. Certains riverains ont déménagés. Le Maire semble être placé sous l'autorité du petit intégriste de service. Cordialement. Léon

3. drocourt claude (site web) 20/04/2011

Il n’est pas interdit d’en parler.
Je me demande, pardonnez-moi, si la religion ne prend pas trop de place aujourd’hui. Je sais que le besoin de croire est profond en nous. Dans cet Univers, nous ne sommes pas si rassurés que cela, et notre planète nous rappelle de temps en temps que nous n’avons que peu de certitudes sur notre avenir. Nos peurs existentielles font désirer à certains un ordre du monde protecteur, celui proposé par les religions. Cette croyance convient sans doute à notre jeune âge en humanité. Je respecte les croyants qui pensent cette vision des choses nécessaire ou positive pour eux et pour la société. Je reconnais que la lente évolution de l’homme s’est faîte en partie avec l’aide de cette croyance dans le « Ciel ».

Au vu tout de même des divisions engendrées et des libertés amoindries, je m’interroge sur la pertinence de cette conviction. Je constate avec étonnement la réticence manifeste des appareils religieux à condamner la cruauté envers les animaux (dans la corrida et les combats de coqs par ex !). Même réticence à propos du respect de la nature, longtemps considérée comme opposée à la foi, et de la défense de la planète (La religion ‘anthropocentrique’ a installé l’homme omnipotent et prédateur de toute vie !). Je ne parle pas de la limitation incompréhensible des libertés individuelles et des compromissions persistantes avec les forces de recul ou de statut-quo ! Il y a bien sûr des exemples parfois contraires.

Que proposer d’autre ?
L’emprise grandissante sur beaucoup des difficultés à vivre ne facilite pas la réflexion et le jugement. Il reste tout de même que beaucoup de nos contemporains, en Occident sans doute, croient de moins en moins aujourd’hui aux réponses qui rassuraient nos ancêtres.
Ce n’est pas facile, car il s’agit de remplacer le confort de la foi par un certain dépouillement intellectuel, sentimental et sociétal. Mais c’est la route de la liberté et de la responsabilité vis-à-vis de la Vie.
Je comprends que ceux qui ont été « construits » par la foi, et conduits par elle à plus d’amour et de vie, n’envisagent pas facilement ou pas du tout de s’en dégager.

Certains peuvent accepter de réfléchir autrement, de continuer la recherche humble des bonnes réponses. A partir de la réalité, du moment présent dirait Krisnamurti, conscients que nous ne voyons pas « ce qui est » trop influencés par toutes les ‘autorités’ que sont notre éducation, nos savoirs, nos traditions, notre milieu, notre expérience et…notre religion. La conscience de ce qui est vraiment peut être un moment de liberté et de création. Une gymnastique mentale à acquérir !


Nous avons reçu la vie.
Celle-ci au début de notre Univers n’aurait pas eu besoin d’un être supérieur ou d’un créateur bienfaisant. Les lois physiques y suffisaient. L’énergie du départ s’est complexifiée pour aboutir sur notre planète à l’homme. (Voir par ex ce que nous enseignent Stephen Hawking « Y a-t-il un grand architecte dans l’Univers ? », ou Hubert Reeves)
La vie s’est répandue, et le sens si cherché de notre existence n’est-il pas tout simplement de participer pendant nos quelques années ici à cette énergie qui crée la vie sous toutes ses formes ?
La laïcité alors, j’y arrive !, ce serait alors de permettre à chacun de participer à cette grande aventure de la vie, avec toutes les richesses de sa personnalité. Pour changer notre société, peut-être faut-il commencer par changer l’homme ? La religion (religare), ce serait la découverte de la réalité et de ses liens avec notre vie quotidienne. »


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