Lutter contre la violence du conjoint

On ne pourra jamais lutter contre les violences faites au conjoint et pas seulement aux femmes, si les victimes refusent de dénoncer leur bourreau et de témoigner.

La prévention

Dans les homicides entre conjoints il a été dénombré, pour l'année 2004, 25 hommes et 162 femmes tués par un conjoint ou un concubin. En 2014 les nombreuses campagnes contre cette violence n'ont guère changer les chiffres : 134 femmes et 31 hommes sont morts tués par un conjoint ou un(e) « ami(e) » dans une relation libre. N'oublions pas les 35 enfants tués sous les coups des parents. Bien que cette violence touche tous les milieux sociaux, les faits ont été perpétrés lors de séparation et le plus fréquemment dans des couples où l'un, voire les deux partenaires ne travaillent pas ou plus. La mésentente due à la séparation, mais aussi la peur de perdre une stabilité financière, même si elle est précaire, peuvent rendre agressif, cette agressivité pouvant aller jusqu’au meurtre.

Ce ne pourra être que grâce à des mesures préventives qui toucheront notamment les parents au foyer et l’école que pourront être fait les premiers pas.

Leur ouvrir une porte sur l’extérieur

Dans le cas des femmes, beaucoup sont des mères au foyer, qui, coupées de leur famille, de leurs amies ne peuvent pas s’exprimer. La douleur est silencieuse. Personne n’y a accès. On ne peut pas savoir s’il y a plus de femmes battues qu’autrefois, ce que l’on sait, c’est qu’elles commencent à parler et à dénoncer leur bourreau.

Il s’agit donc de les sortir de leur isolement en leur donnant la possibilité de rencontrer d’autres personnes. En leur supprimant les allocations familiales et en les remplaçant par une fonction rémunérée d’assistant(e) maternel(le) pour le parent restant au foyer, ce sera un grand pas pour la prévention. Il faut savoir que les assistantes maternelles ont une formation obligatoire, des « recyclages » et des suivis à domicile. Une fiche de paie donne une indépendance financière vis-à-vis de la société leur permettant ainsi, s’il en ait besoin, d’obtenir un logement, un crédit, etc….

Apprendre le respect envers l’autre depuis le plus jeune age.

Il avait été pensé en créant l’école mixte que l’on parviendrait plus facilement à l’égalité des sexes, donc partage des tâches ménagères, etc…, pour en faire une vision idyllique de nos comportements. Sauf que depuis que l’éducation nationale a supprimé les fameuses leçons de « morale » qui permettaient d’enseigner le respect de l’autre, on en est arrivé à devoir réglementer les rapports entre individus notamment avec la parité et la discrimination positive. En définitif, on constate un échec de la mixité et du respect de l’autre. La mixité étant aussi un rapport de force, celui du plus fort contre le plus faible et à ce jeu là, les filles ne sont pas forcément les plus fortes,

Il devient donc important de réintégrer dans les programmes les cours de morale, malgré des contradicteurs qui réprouvent l’enseignement de ce qu’ils trouvent « choquants », parce que prescriptifs et que pour eux, il s’agit de ne pas imposer. Or que sont les lois sur la parité et sur la discrimination positive si ce n'est une obligation imposée. N’aurait-il pas mieux valu que cela ce fit naturellement parce qu’enseigné depuis le plus jeune âge ?

La répression

La loi n° 2010-769 du 9 juillet 2010 relative aux violences faites spécifiquement aux femmes, aux violences au sein des couples et aux incidences de ces dernières sur les enfants a été publiée au Journal officiel du 10 juillet 2010. Pourquoi une telle loi s’applique-t-elle plus spécifiquement aux femmes (article 24) ? Les hommes aussi peuvent subir des violences de la part de leur conjoint. La loi doit être la même quelque soit le sexe.

On passe sous silence dans cette loi, les actes de séquestration, de harcèlement moral ou psychologique, de privation de moyens de subsistance qui relèvent de leur propre codification et répression. Il serait plus simple et plus pédagogique qu'une seule et même loi regroupe TOUT ce qui touche les violences, qu'elles soient morales ou physiques.

Il ne faut pas confondre une dispute à armes égales qui peut toutefois être passible de correctionnelle lorsqu’il y a blessures, avec certaines violences répétées sur conjoint,sur enfant, sur personnes agées qui doivent être assimilées à de la torture qui elles sont passibles des assises.

En conclusion :

Prévention, action, répression trois facettes pour lutter contre la violence sur conjoint ou ex-conjoint. Toutefois, l’éducation reste la meilleure des préventions, mais elle ne pourra tout résoudre, aussi il faut y ajouter la possibilité de rompre l’isolement pour les plus démunis devant la violence de leur proche.

Références :

LOI n° 2010-769 du 9 juillet 2010 relative aux violences faites spécifiquement aux femmes, aux violences au sein des couples et aux incidences de ces dernières sur les enfants (1) 

NOR: JUSX1007012L Version consolidée au 09 septembre 2016 

http://stop-violences-femmes.gouv.fr/Violences-sexuelles,312.html

 
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