Un peu de bon sens dans l'éducation

Le budget alloué à l'éducation nationale est la dépense la plus importante dans le budget de l'état. Mais tout cet argent est-il correctement utilisé ? 
 
On pourrait le croire en regardant le taux de réussite au baccalauréat, tout comme au DNB (Diplôme National du Brevet), qui n'a cessé d'augmenter au cours des dernières décennies. Nous pourrions donc féliciter les gouvernements successifs si ce n'était qu'en même temps nous constatons tous les jours que le niveau scolaire de nos jeunes a plongé (mis en lumière par de nombreux indicateurs internationaux). 
 
En même temps, la durée moyenne des études ne cesse d'augmenter (1,7 an de plus en 10 ans) et de nombreux étudiants stoppent leurs études suite à un échec à leurs examens. Le système éducatif met-il donc plus de temps qu'avant pour former des personnes moins compétentes ?
 
Ainsi, il nous paraît essentiel de recentrer les enseignements sur les fondamentaux (français, mathématiques, langue étrangère, histoire & géographie) tout en réaugmentant progressivement les niveaux d'exigences pour que les examens ne soient plus des mascarades d'interrogations.
 
De leur côté, les enseignants sont épuisés par les contraintes que leur hiérarchie et leur gouvernement leur imposent. A chaque problème de société, les programmes scolaires sont alourdis : permis piéton, histoire des religions, permis Internet, brevet informatique, histoire des arts, moralité ... Reste-t-il du temps pour réaliser l'essentiel ? L'école seule doit-elle tout enseigner ? (quelle doit être la part d'éveil réalisée par les familles ?).

Depuis plusieurs années, les réformes (toutes !) s'enchaînent et leurs conséquences s'accumulent. A croire que chaque ministre doit justifier sa place par une "nouvelle" idée. 
Ainsi, l'autorité et l'autonomie des enseignants ont été transférés petit à petit à leur hiérarchie ou aux familles. Dorénavant, ce sont les familles qui fixent leurs règles à l'école !
Afin de redonner de la valeur au métier d'enseignant, il faut réaffirmer l'autorité des enseignants, faciliter les conditions de travail des enseignants (en rééquilibrant les effectifs dans les classes). La course aux réformes et aux modifications des programmes doit être stoppée. Les exigences des référentiels doivent être assouplies afin de laisser plus de liberté aux enseignants (un enseignant passionné sera passionnant et les élèves seront donc passionnés !).
 
Et pendant ce temps, 20 % des employeurs déclarent avoir des problèmes pour trouver les talents nécessaires à faire fonctionner leurs entreprises. Plusieurs métiers ne possèdent pas de formation dans notre système actuel alors que de nombreuses filières sont des "fabriques à chercheurs d'emplois". Il y a une fracture importante entre l'enseignement et le monde professionnel.
Ainsi, il faut renforcer les liens entre l'éducation nationale et les entreprises. Pour cela, une véritable politique incitative envers l'apprentissage doit être mise en place. Il est également nécessaire de créer de nouveaux diplômes en lien avec les véritables exigences des entreprises (en réalisant des audits par les responsables de l'enseignement dans et auprès des entreprises).
 
Afin de rééquilibrer le budget de l'état, diverses actions peuvent être menées :
- augmenter le temps de service des enseignants de deux heures par semaine (tout en leur proposant des conditions de travail plus agréables en ayant des groupes d'élèves moins nombreux),
- uniformiser les conditions de travail (horaires de présence et salaires) des professeurs agrégés sur celles des professeurs certifiés quand ils n'enseignent pas en faculté,
- diminuer tant que possible les budgets de fonctionnement (diminuer les frais de déplacement pour les examens et les réunions en utilisant au maximum les moyens de télétravail, limiter les dépenses de chauffage ...),
- stopper la course aux études longues en redonnant de la valeur aux enseignements élémentaires, en orientant plus de jeunes dans des filières professionnelles de qualité à la sortie du collège, en augmentant les exigences pour accéder aux études supérieures,
- s'interroger sur la capacité à réaliser des économies sur l'organisation des rectorats (en diminuer le nombre).
 
Une grande consultation devra également être menée afin d'écouter et de prendre en comte les réel besoins et envies des enseignants. Une réflexion profonde devra être effectuée afin de proposer les moyens laissant plus de place à l'expérimentation, à la prise d'initiative et à l'autonomie d'élèves. 

Il s'agit là d'un projet nécessaire mais lourd qui pourrait être mis en place sur plusieurs années, voire décennies.
Adrien GUERIN
 
 
Commentaires (1)

1. Roxane Revon 03/09/2016

Merci Adrien Guérin pour cette analyse courte et percutante.

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau